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Cette semaine nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Kulwinder Singh, ancien Senior Research Fellow à la Jawaharlal Nehru University, spécialisé dans la recherche sur les dalits (Classe sociale la plus pauvre en Inde). L’Inde a récemment mené un raid aérien au Pakistan suite à un attentat suicide commis le 14 février dernier à Plumawa, zone du Cachemire sous contrôle indien.

Quelles sont les conséquences de cet acte terroriste ?

Le 26 février dernier, l’Inde a frappé un camp terroriste de Jaishe Mohammed situé à 35 km de la frontière pakistanaise. 

CONTEXTE

« Le Cachemire a toujours été un sujet de discorde entre l’Inde et le Pakistan, mais de de tels dommages causés aux forces indiennes par une organisation terroriste pakistanaise, est un réel coup de massue pour notre pays, pourtant qualifié de « safe ».

Le parti au pouvoir, le BJP qui a remporté les élections, mène une politique qui confère au Cachemire un statut spécial. Cet événement met le premier Ministre – qui avait déjà perdu les élections dans de nombreux États et qui aurait sûrement perdu les élections de la chambre basse – dans une position de leader. Cet événement est une chance majeure de prouver son leadership et la puissance indienne.
Je suis sûr qu’il récoltera les fruits de cette infraction commise à l’encontre du Pakistan. Même les plus sains des esprits indiens voudraient une action contre le terrorisme dans une telle situation, mais bombarder un pays souverain était très radical et risqué. »

OBJECTIF RECHERCHÉ

Les frappes n’ont pas été lancées pour remporter une quelconque élection. »

« La frappe a été élaborée en tenant compte de la situation économique du Pakistan. Son économie est au bord de la faillite. Le Pakistan aurait poursuivi la guerre si il était stable économiquement. Il mènerait une guerre juste pour faire dérailler notre économie, en pleine croissance. Mais nous avons plus à perdre d’une guerre contrairement au Pakistan

L’objectif principal était de montrer que l’Inde – en tant que nation – était capable et prête à agir contre toute nation ou organisation qui visait sa sécurité.

Alors que l’arme nucléaire a un effet dissuasif, la « guerre conventionnelle » peut, elle, durer jusqu’à un certain point, pour des objectifs stratégiques.

Il y a un risque pour la vie des communautés frontalières. L’Inde à la No FIRST USE policy. Le Pakistan a de petits missiles nucléaires tactiques et il s’est engagé à les utiliser si l’Inde utilise sa politique appelée « COLD START ». Une « Cold Start  » signifie d’infliger des dégâts rapides et énormes. Cependant les frappes indiennes intervenues le 26 février n’ont pas été qualifiés de « Cold Start ». Les actes ont été qualifiés de frappes préventives non militaires par le gouvernement indien. Quoi qu’il en soit, Jef pense que l’Inde n’a pas attaqué le Pakistan en réponse à l’attaque de Pulwama, mais simplement parce que le Pakistan possède l’arme nucléaire.

La communauté internationale a soutenu l’Inde dans la défense de sécurité. Des institutions et des experts élaborent des stratégies face aux menaces quotidiennes. C’était un acte de vengeance et aussi un signal pour faire comprendre que nous pouvions frapper n’importe où pour assurer notre sécurité.

De tels actes de vengeance sont courants entre l’Inde et le Pakistan, mais sa politisation et l’implication de la puissance aérienne sont cependant nouvelles et radicales. La politique de l’Inde consistant à isoler le Pakistan, n’est pas une bonne réaction face à de tels événements. Il s’agit d’une mesure de politique étrangère, en vigueur depuis un certain temps.

Le Premier ministre pakistanais appelle désormais aux négociations, mais le régime actuel indien ne souhaite pas de frappes préventives non millitaires.
La communauté internationale ne veut aucune escalade, car cela mettrait en danger la sécurité du monde entier. »

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