L’écologie s’est imposée au centre du débat politique, en France comme ailleurs. Le réchauffement climatique est une réalité visible à l’œil nu. Elle inquiète tout le monde. A ce constat, s’est ajoutée une actualité : la crise sanitaire du coronavirus dont les origines proviennent, dit-on, de l’urbanisation de la planète au détriment des équilibres de la biodiversité. L’heure est donc, dans les esprits, à une profonde remise en question de nos comportements. Pour vivre plus sainement dans un plus grand respect de notre environnement.

C’est dans ce contexte qu’une Convention citoyenne sur le climat, mise en place par le président de la République après l’épisode des Gilets jaunes, vient de rendre ses conclusions. Tirés au sort au sein de la population, ses 150 membres ont planché pendant huit mois. Le résultat tient en 600 pages et prône l’adoption de mesures assez radicales, à caractère plus obligatoire qu’incitatif. Certains diront que le registre employé est punitif, d’autres qu’il relève même d’une idéologie de la décroissance. Produire moins et consommer moins seraient des objectifs à remplir d’ici à dix ou vingt ans, à coup de taxes et de sanctions.

Que va faire le chef de l’Etat de ce travail ? Nous le saurons dans les jours prochains. Il s’était engagé à en reprendre les préconisations pour les soumettre au Parlement, voire au peuple français par voie référendaire. Il pourra difficilement revenir sur cette promesse, sauf à creuser encore davantage la défiance de l’opinion publique pour les élites et les élus.

Nul ne conteste la nécessité d’une meilleure protection de l’environnement, mais l’approche qu’en propose cette Convention citoyenne mérite d’être regardée à deux fois. Alors qu’un cataclysme économique se profile – conséquence logique de l’arrêt de l’activité engendré par le Covid-19 -, est-il bien raisonnable de suivre le chemin de la décroissance ? Celui-ci déboucherait sur une impasse, surtout si la France agit seule en ce sens quand les autres pays cherchent avant tout à se rendre compétitifs.Il est regrettable que l’écologie ne soit pas, dans notre pays, envisagée avec réalisme.

La méthode reste à trouver pour concilier écologie et croissance, préservation de l’environnement et emploi, lutte contre le réchauffement climatique et innovation. Telle serait une attitude positive. Elle permettrait de ne pas cabrer les Français, prêts à toutes les aventures à condition de ne pas toucher à leur portefeuille, de préserver notre tissu entrepreneurial déjà malmené et de tenir notre rang intelligemment dans le concert d’une mondialisation de toute manière irréversible. Cette parole-là n’est pas assez portée et entendue. Elle doit pourtant être encouragée.

L’équipe de l’ASFE