Le premier tour de l’élection présidentielle en Croatie aura lieu le 22 décembre 2019, une semaine avant que le pays ne prenne la tête de la présidence tournante de l’Union Européenne. L’autoproclamé « candidat du peuple », Miroslav Škoro, compte bien mettre un terme au traditionnel duel entre nationalistes-conservateurs – dont la présidente sortante fait partie – et les sociaux-démocrates. Dans ce contexte, nous avons réussi à nous entretenir avec Hervé Rousseau, consultant français qui réside en Croatie depuis 1994.

“Le premier tour des élections à lieu dimanche. Ce n’est pas le meilleur moment, car tous les cinq ans les élections ont lieu au moment des fêtes. La Croatie est un pays catholique, mais dès que les élections présidentielles approchent, ils ne respectent pas la « trève des confiseurs ». La Croatie devient alors le terrain d’une lutte politique acharnée.” Il y a actuellement 11 candidats. Il faut savoir que le président en Croatie dispose d’un pouvoir moindre comparativement à ceux d’autres Etats. Ce n’est pas un régime présidentiel comparativement à la France. Le chef d’Etat est néanmoins très important pour l’image extérieure que renvoie le pays ainsi que pour les affaires étrangères.  Globalement, les Croates sont divisés au sujet de la présidente sortante, Kolinda Grabar-Kitarović, qui se représente. Depuis des années, elle est devenue la présidente croate la plus connue dans le monde. Dans les sommets, elle a toujours réussi à se mettre en avant aux cotés de Donald Trump et de Vladimir Poutine. Les Croates ne sont cependant pas satisfaits de la gouvernance actuelle du pays et des perspectives pour la jeunesse dont le pays subit une forte hémorragie. Kolinda Grabar-Kitarović qui fait partie du même mouvement politique que le Gouvernement – HDZ – est directement chahutée pour sa gestion des affaires du pays. Les trois candidats susceptibles de passer au second tour se retrouvent tous dans un mouchoir de poche, avec le même pourcentage de chances de gagner (autour des 20% d’après les différentes enquêtes d’opinion). “L’incertitude demeure aujourd’hui et bien malin est celui qui peut prédire qui va remporter l’élection. Il y a 3 mois la présidente sortante était largement favorite. Mais sa campagne a subit quelques accrocs, conséquence directe de sa chute dans les sondages.” La jeune république croate a connu durant 30 ans un bipartisme entre la gauche et le droite. Bien que cela existe encore en Croatie, les mouvements évoluent et comme Macron en France, la Croatie se retrouve face un changement des classes politiques.