Cette semaine est marquée par un anniversaire et un lancement. Comme tous les ans, la journée de l’Europe a lieu le 9 mai. Cette date célèbre la déclaration considérée comme le texte fondateur de la construction européenne, prononcée le 9 mai 1950 par Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay. Qui pourtant, surtout parmi les jeunes générations, a en mémoire cet événement ? Bien peu de monde, je le crains.

Hasard du calendrier, c’est aussi en cette semaine que commence la campagne électorale pour les élections européennes du 26 mai prochain. Qui, dans la population, s’en soucie ? Là encore, bien peu de monde, je le crains. Ce scrutin, qui existe depuis 1979 – quarante ans déjà ! -, enregistre généralement des records d’abstention, et je ne peux que le déplorer.

Ces deux remarques soulignent l’indifférence que l’Europe inspire malheureusement. Sa construction, pour plus de paix, de force, d’unité, devrait soulever l’enthousiasme, doper les énergies, favoriser l’optimisme. C’est pourtant tout le contraire qui est observé. La faute en revient beaucoup aux responsables politiques qui s’escriment à la présenter sous son plus mauvais jour – l’excès de bureaucratie – ou à s’en servir pour masquer leurs propres insuffisances et erreurs sur le terrain national. L’exemple le plus flagrant, selon moi, reste celui du Brexit. Cette procédure a été engagée par quelques figures de la politique britannique pour des raisons purement domestiques, voire internes à leurs partis politiques. La construction européenne est un bouc-émissaire facile.

Dans ce contexte de dénigrement, toutes les raisons de la défendre et de la promouvoir sont plus que jamais impérieuses. Sans l’Union européenne, que serait chacun des pays qui la constituent, replié derrière ses frontières ? La réponse est connue: dans le tourbillon de la mondialisation et face à la concurrence des grandes puissances comme les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde, des nains à l’échelle planétaire, ni plus ni moins.

Sans doute, faut-il améliorer le fonctionnement de l’Union européenne, la rendre plus pratique et facile d’accès, la modifier pour plus d’efficacité. Il est urgent que les Européens le comprennent et que ceux qui les dirigent tiennent des discours à la hauteur des défis de demain. La campagne pour les élections du 26 mai doit servir à cela. Et je ne peux m’empêcher de penser que les Français qui vivent hors de nos frontières en Europe sont les meilleurs ambassadeurs pour convertir les esprits les plus rétifs au besoin de l’Union. Vive l’Europe !

 

Jean-Pierre Bansard
Président de l’ASFE