Rappelons les faits

Depuis mercredi 1er mai, deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, ont été portés disparus. Ils effectuaient une excursion dans le parc national de la Pendjari au Bénin accompagnés d’un guide touristique béninois, Fiacre Gbédji. Ce dernier a été retrouvé mort. Il s’agit d’un parc de 4 700 km², s’étendant sur le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Il fait partie des grands projets de réhabilitation engagés par le Bénin pour le développement économique. La récente mise en gestion par African Park a amené au renforcement des équipes de surveillance du parc – voir ici.

Les dispositifs des pays africains  

Malgré le fait que le Bénin ne soit pas considéré comme un Etat à risque et représente une exception dans cette région, l’instabilité et l’émergence de groupes terroristes dans les pays limitrophes bouleversent sa sécurité. En ce qui concerne les recherches, des dispositifs gouvernementaux béninois ont été mis en place afin d’enquêter sur cette disparition. Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur de samedi, les autorités avaient constaté des traces de traversée de cette rivière vers le Burkina Faso.

Les sources sécuritaires du Burkina Faso ont signalé la présence d’un pick-up calciné appartenant aux deux touristes français, dans la commune de Partiaga, à une soixantaine de kilomètres au nord de la frontière béninoise. Il faut noter que le Burkina Faso souffre d’une dégradation de son contexte sécuritaire depuis 3 ans. C’est pourquoi, le pays a lancé, mi-mars, une opération anti-terroriste à l’Est de son territoire. Dès lors, les autorités burkinabés avaient informé les pays frontaliers, dont le Bénin, du risque de voir de présumés djihadistes se replier sur leurs territoires.

Les dispositifs français

Les autorités françaises déconseillent tout Français de se rendre au Nord du Bénin, zone frontalière avec le Burkina Faso. En effet, plusieurs groupes terroristes occupent occupent potentiellement ce lieu. Vous trouverez  ici davantage d’informations sur la classification des zones des autorités françaises.

Le quai d’Orsay avait confirmé que les recherches se poursuivaient activement. Par ailleurs, plusieurs agents du service de renseignements français sont mobilisés et des forces spéciales opérant au Sahel depuis le Burkina Faso (les forces de sécurité béninoises, les autorités françaises, etc. – voir ici).

Libération des otages grâce l’opération Barkhane et Task Force Sabre

Grâce à l’opération « Barkhane », conduite par la force française, et la Task Force Sabre, quatre otages ont été libérés au Burkina Faso dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 mai. Depuis plusieurs jours, les autorités françaises traquaient les ravisseurs. C’est au cours d’une halte de ces derniers que l’intervention, dans un contexte difficile, a pu être réalisée.  Parmi ces otages, une Sud-Coréenne et une Américaine en captivité depuis vingt-huit jours, ainsi que les deux touristes français. Cependant, lors de cette opération, deux officiers mariniers français, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, ont été tués. Une cérémonie d’hommage national présidée par le Président Macron aura lieu le 14 mai aux Invalides.

Il faut souligner que des groupes djihadiste se développent dans la région du Sahel et menace la tranquillité les pays riverains du Sud. Selon la sécurité burkinabée, la Katiba Macina, groupe djihadiste affilié à Al-Qaida, aurait commandité et récupéré les otages français (grâce à son réseau).