Le 29 avril 1945, les Françaises votent pour la première fois, pour les élections municipales. Ce droit leur fut accordé par une ordonnance du général de Gaulle en date du 21 avril 1944. Les Françaises furent parmi les dernières femmes d’Europe à accéder aux urnes, les hommes préférant les cantonner aux tâches ménagères et craignant également que leur vote ne soit manipulé par l’Eglise.

Historique de ce combat

Dès 1790, Condorcet se prononce en faveur du vote des femmes, relayé en 1791 par Olympe de Gouges dans la “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne” : « La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune. » Elle réclame l’égalité homme-femme mais se fait guillotinée quelques années plus tard pour des raisons politiques.

Ce n’est qu’au milieu du XIXème siècle que les premiers mouvements féministes voient le jour, sous l’impulsion d’Hubertine Auclerc et de Louise Michel, puis dans les années 1900 encouragées par les suffragettes britanniques, le débat en France prend de l’ampleur.

Face à la multiplication des manifestations féministes, les députés français adoptent plusieurs fois des projets de loi en vue du droit de vote des femmes mais se confrontent systématiquement au rejet du Sénat.

En 1930, inspirée par les suffragettes en Angleterre, Louise Weiss multiplie les actions.

En 1934 Louise Weiss, fondatrice de la revue l‘Europe nouvelle, crée la “Femme nouvelle“, mouvement de propagande et se présente aux élections municipales de Montmartre bien qu’inéligible.

En 1936, trois femmes sont nommées sous-secrétaires d’Etat par Léon Blum.

Sous l’Occupation, les mentalités changent : les femmes jouent un rôle clé dans la Résistance, elles prennent des risques au péril de leur vie. En avril 1944, la France est encore occupée par l’Allemagne nazie mais Charles de Gaulle avait fait la promesse dès 1942, pensant à l’avenir et désireux de bâtir une France nouvelle, de donner le droit de vote aux femmes. Le 21 avril 1944, il signe une ordonnance composée de 33 articles pour constituer une nouvelle base de la France d’après-guerre, parmi lesquels l’article 17 instaurant le droit de vote des femmes.

En 1946, l’égalité des droits entre les hommes et femmes est inscrite dans le préambule de la constitution mais loin d’être respectée.

Quelques années plus tard, la nouvelle génération de féministes dont la philosophe Simone de Beauvoir revendique le droit de disposer de son corps et maîtriser sa fécondité. En 1967, la loi Neuwirth est une première victoire : la contraception est enfin autorisée. Le Mouvement de Libération des Femmes voit le jour à la même période. Dans les années 70, elles sont des milliers à descendre dans la rue et obtiennent en 1975 grâce à Simone Veil la légalisation de l’avortement.

La France pas en avance

La France est loin d’être une figure d’exemplarité en termes d’instauration du droit de vote aux femmes. En effet, nombreux ont été les pays à l’instaurer bien avant et, ce, au delà de nos voisins européens. En voici quelques uns à titre d’exemple :

1893 : Nouvelle-Zélande  (1919 pour être éligibles)

1901 : Australie 

1906 : Finlande  

1913 : Norvège

1915 : Danemark

1917 :  Russie 

1918 : Arménie, Hongrie (à partir de 24 ans), Canada (mais Québec en 1940), Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande (droit de vote censitaire accordé aux femmes dès 30 ans). En 1928 leur statut sera aligné sur celui des hommes. Tchécoslovaquie, Pologne, Géorgie, Azerbaïdjan, Autriche, Allemagne

1919 : Pays-Bas,  Luxembourg, Belgique, Suède

1920 : Albanie, États-Unis (restreint aux blanches jusqu’au Voting Rights Act de 1965 )

1922 : Irlande, dès 21 ans, comme les hommes

1924 : Mongolie 

1929 : Équateur 

1930 : Afrique du Sud (pour les femmes blanches seulement), Grèce 

1931 : Sri Lanka

1932 : Roumanie, Thaïlande, Maldives, Brésil

1934 : Cuba,Turquie (droit de vote étendu et éligibilité)

1935 : Birmanie, Philippines  

1938 : Bolivie, Ouzbékistan

1939 : Salvador 

1942 : République dominicaine 

1944 : Bulgarie, France 

A noter, au Vatican, les femmes n’ont toujours pas le droit de vote.

Réunion au Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre femmes et hommes sous l’égide de Marlène Schiappa

L’égalité hommes-femmes a été déclarée grande cause du quinquennat, 75 femmes occupant des responsabilités importantes dans la vie démocratique du pays se sont réunies (journalistes politiques, anciennes ministres, jeunes élues, influenceuses, responsables d’associations, collaboratrices parlementaires) afin de “célébrer cette avancée historique pour les femmes et de saluer les évolutions récentes en faveur de sur implication dans la vie politique”.

Le combat en faveur des droits des femmes continue

L’égalité femmes-hommes est loin d’être atteinte dans les faits : inégalités salariales, congé de paternité, absence de parité, discrimination à l’embauche, sexisme ordinaire, violences conjugales… En la matière, de nombreux  progrès restent à faire.

SOURCES :

INA (voir ici) 

Le Parisien (voir ici)

Ouest France (voir ici)