L’IMPÔT UNIVERSEL EST SUR LA TABLE

Chères élues, chers élus, 

l’ouverture du grand débat national libère la parole et ouvre la boîte aux idées, des plus sensées aux plus farfelues, des plus pertinentes aux plus irréalistes, sans parler de celles qui paraissent aller de soi alors qu’elles sont parfaitement inefficaces. 

A cette occasion est donc réapparue un des serpents de mer de la fiscalité, l’impôt universel. Le principe est simple : tout Français, même vivant à l’étranger, doit payer des impôts en France. Les Etats-Unis, par exemple, ont adopté ce modèle.

L’objectif de ses partisans est clair : limiter l’évasion fiscale. En France, c’est Jean-Luc Mélenchon qui a remis ce sujet d’actualité pendant la campagne présidentielle de 2017, après l’avoir défendu en 2012. Depuis, LFI ne cesse d’en défendre la vertu. Olivier Faure y est également favorable. Du coup, suite aux mouvements sociaux, la commission des finances de l’Assemblée nationale, à la demande de LFI, vient d’engager une mission d’information relative à l’adaptation éventuelle en France d’un principe d’imposition basé sur la nationalité.

Inutile de se voiler la face, cette initiative porte évidemment un caractère idéologique qui, dans le climat actuel de tension sociale, ne peut qu’avoir l’oreille de nombreux Français sur le territoire national.

Encore une fois, le but est de faire croire que les Français de l’étranger sont assimilables à des évadés fiscaux qui ont choisi l’éloignement pour s’affranchir de leurs obligations. Il faut impérativement tordre le cou à ce préjugé malsain, aussi faux qu’idiot, qui ne vise qu’à diviser les Français et à désigner des boucs émissaires. Vous pouvez compter sur moi pour répéter, en toutes circonstances, que nos compatriotes qui vivent à l’étranger ont leurs propres problèmes, souvent plus difficiles à résoudre d’ailleurs, et qu’ils ne sont en aucun cas des exilés roulant en carrosse aux quatre coins du monde.

Sur le fond, il est impératif de rappeler que les Français de l’étranger, dans le cadre des conventions fiscales passées avec leurs pays d’accueil, acquittent la facture de leurs impôts là où ils travaillent et résident. Ce qui n’exclut pas qu’ils puissent, en plus, régler en France certaines sommes dues au titre de la taxe foncière, par exemple, s’ils sont propriétaires d’un bien sur le sol national.

Même s’ils s’en défendent, en prétendant ne vouloir faire payer aux expatriés que l’éventuel différentiel existant entre ce qu’ils acquittent à l’étranger et ce qu’ils verseraient en France, les responsables de la gauche de la gauche française ont des arrière-pensées qu’ils convient de dénoncer. L’impôt universel ressemblerait, bien sûr, à une « double peine » fiscale, sans même parler des conséquences sur le choix de posséder ou non la nationalité française. 

Jean-Pierre Bansard

Source (voir ici)

3 commentaires

  1. Excellent editorial…. Les Etats-Unis ne font jamais payer deux fois leurs impots aux citoyens americains qui ont des revenus a l’etranger. Pas meme aux Francais qui vivent aux Etas-Unis. Si ces revenus sont imposes a la source par le pays ou ils sont crees, le fisc americain tient compte de cette imposition fiscale etrangere et ces revenus sont exempts de toute taxation americaine. L’obligation americaine est simplement de declarer ces revenus.
    L’objectif de Melanchon est evident. C’est un crypto-communiste qui veut faire apparaitre les Francais de l’Etranger en effet comme des “evades fiscaux” cherchant a eviter toute fiscalite. Absurde bien sur. Les Francais de l’etranger representent un large eventail socio-economique, depuis de simples enseignants vivant dans des pays ou le cout de la vie est souvent beaucoup plus eleve qu’en France. S’ils travaillent pour l’Education Nationale, dans les lycees francais de l’etranger, ils vivent helas assez chichement. D’autres Francais, dans les milieux d’affaires etrangers, contribuent aux exportations de nombreuses entreprises francaises: ils creent ainsi des emplois en France et contribuent a renforcer tres positivement la balance commerciale de la France et meme la balance des paiements. Une double imposition pour ces Francais-la serait absurde et contre-productive pour la France.

  2. C’est très simple…je changerai de nationalité et restituerai mon passeport français.
    Pas née en France, pas née riche, parti avec une valise et sans rien, n’ayant pas eu de protection sociale pendant des années car je n’en avais pas les moyens,n’ayant pas cotisé aux caisses de retraite car n’ayant pas suffisamment d’argent. Ayant au final acheté 10 appartements en France pour couvrir ma retraite, s’etre fait rogné année après année les maigres recettes et atterrir avec l’IFi…..
    Je réitère à la seconde ou la mise en place de l’impot Universel se fera, je rendrai mon passeport français.

  3. Je suis retraité du secteur privé et je réside en Chine. Mes pensions sont versées en France. J’ai lu l’accord fiscal passé entre la France et la Chine et je n’ai rien compris à ce charabia. Après m’être fait expliqué le document par un fonctionnaire français des impôts, il est écrit que les retraités de la fonction publique résidents en Chine sont imposables en France alors que moi je suis imposable en Chine sur mes pensions mais je serais imposable sur des revenus mobilier et immobilier versés en France. Le hic c’est que le fisc chinois ne taxe pas les maigres pensions des retraités chinois et qu’ils ne savent pas comment taxé un retraité français vivant en Chine. Pour revenir au sujet. Je pense que c’est normal de payer les impôts dans le pays de résidence. Qui utilisent les routes, les transports, et autres services? Celles et ceux qui résident dans le pays. Logique de payer les impôts dans le pays. Je suis expatrié depuis plus de 20 ans, je n’ai qu’un compte courant en Chine et le reste des mes avoirs sont en France. Pas d’évasion si ce n’est la nuit dans mes rêves et ne s’agit pas de pognon.

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