Chères élues, chers élus,

Emmanuel Macron vient de s’exprimer pour la deuxième fois depuis le début de son quinquennat devant le Congrès, à Versailles. Un exercice qui me semble utile, loin des quelques critiques entendues ici ou là sur le caractère monarchique de ce rendez-vous.

Alors que beaucoup de journalistes commentaient il y a peu le report à plus tard de nombreuses promesses de campagne, le président de la République a tenu à rappeler à Versailles qu’il maintenait le cap et qu’il n’avait nullement l’intention de ralentir le pas. Comme il l’a dit lui-même, il se fait un « devoir de viser haut » en donnant la priorité à l’amélioration du quotidien des Français. Ambition qui me paraît plutôt bienvenue.

Lors de son intervention, il a justifié le sens de ses réformes économiques en mettant l’accent sur le rôle des entreprises dans la relance de la croissance et de l’emploi. Je ne peux ici que l’approuver même si les effets immédiats de cette politique se feront certainement attendre. Il en a profité aussi pour esquisser son plan de réduction de la dépense publique que l’on sait particulièrement élevée dans notre pays. Cette réduction doit passer, selon lui, par une réorganisation de l’Etat dont l’action tiendra davantage compte de la réalité de chaque territoire. L’idée est séduisante puisqu’elle écarte les coupes financières aveugles, mais je veillerai à mon niveau à ce que les Français vivant à l’étranger ne fassent pas à nouveau les frais d’économies budgétaires qui les pénaliseraient injustement.

Libérer, protéger, unir sont les trois mots clés de la ligne que s’est tracée Emmanuel Macron. J’ai senti, tout au long de son discours, qu’il voulait placer la deuxième année de son mandat sous le signe de la « protection », après avoir consacré la première année à la « libération ». Il n’entend pas en effet conduire sa politique sociale par une redistribution des richesses, mais par l’émancipation des individualités. Il faut lutter contre les « inégalités de destins », a-t-il déclaré, en aidant à s’en sortir celles et ceux qui sont victimes du déterminisme social de par leur naissance, leur éducation ou leur lieu de résidence… Ce sont des mots qu’il faudra traduire en actes, mais il est d’ores et déjà acquis qu’un plan pauvreté – « pas pour vivre mieux, mais pour sortir de la pauvreté » selon ses mots – sera présenté par le gouvernement en septembre. Tout comme la création d’un « cinquième risque » de la Sécurité sociale pour les personnes âgées dépendantes.

« Notre seule idéologie, c’est la grandeur de la France », a-t-il conclu, appelant à un « patriotisme nouveau ». Jolie formule que les Français de l’étranger, que j’ai l’insigne honneur de représenter au Sénat, mettent chaque jour en application aux quatre coins du monde. Je ne cesserai de le redire.

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