Le Québec, vers une politique stratégique d’immigration économique 100% francophone.

La ministre de l’Immigration du Québec, Christine Fréchette, annonce vouloir sélectionner une immigration de profil 100 % francophone ou  « francotrope ».  

A la suite de l’annonce du plan de la ministre, le terme “francotrope” a intrigué les Québécois. Selon la définition admise au gouvernement québécois de Legault, un “francotrope” est une personne dont la langue maternelle n’est pas le français, mais qui est issue d’une culture ou d’une région ayant des affinités avec la langue de Molière. La personne peut donc avoir pour langue maternelle l’arabe, le vietnamien, le portugais, le laotien, le créole, le roumain, l’espagnol, le catalan, ou le swahili.

L’ajout de ce nouveau terme vient donc apporter une nuance aux propos du Premier ministre François Legault, qui quelques jours auparavant, avait déclaré vouloir sélectionner une immigration uniquement francophone à 100%, d’ici 2026, avec un seuil de 50 000 nouveaux arrivants par an.  

Du côté d’Ottawa, le Premier ministre Justin Trudeau pense à augmenter la capacité d’accueil du Québec de 50 000 à 112 000 immigrants par année. Selon M. Trudeau, le Québec a les ressources nécessaires pour accueillir plus du double du seuil d’immigration fixé, puisque la belle province dispose déjà de tous les outils nécessaires pour que les nouveaux arrivants deviennent francophones.

Cette déclaration du gouvernement fédéral correspond à la lignée de l’objectif fédéral fixé à 500 000 nouveaux immigrants canadiens d’ici 2025. En effet, les 112 000 immigrants souhaités par Trudeau, (le double du seuil québécois d’immigration fixé) représentent 22,3 % du seuil fédéral de 500 000, soit l’équivalent de la population du Québec au sein du Canada.[1]

Dans le salon bleu, les déclarations de M. Trudeau ont été froidement accueillies. La ministre provinciale de l’Immigration, Christine Fréchette, a répliqué que la détermination du seuil d’immigration est de compétence québécoise et non fédérale.

Elle a par ailleurs ajouté que le Québec était la seule province à se heurter à un double défi au  Canada : celui de réduire la pénurie de main-d’œuvre, et de freiner le déclin du français. Ceci dit, tous les partis politiques provinciaux sont unanimes sur le principe que la province ne devrait pas accueillir plus de 100 000 nouveaux immigrants par an, en invoquant la capacité d’intégration et la protection de la langue.


[1] CBC NEWS, Verity Stevenson. 2022. https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/trudeau-says-quebec-can-welcome-112-000- 1 immigrants-1.6684256. Consulté le 18 dec 2022. 

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