Retrait de l’armée russe et résultats des midterms

Ces derniers jours auront été marqués par deux événements de taille sur la scène internationale. Ils n’étaient pas prévus et rebattent les cartes pour l’avenir.

Le premier est le retrait de l’armée russe de Kherson et de la rive occidentale du Dniepr. Il y a quelques semaines seulement, Vladimir Poutine célébrait en fanfare, à Moscou, l’annexion de cette région ukrainienne avec deux autres. Ce repli marque un tournant capital. C’est le troisième depuis le début de la guerre : la Russie a renoncé au printemps à prendre Kiev face à la résistance acharnée des Ukrainiens, avant d’être chassée de la quasi-totalité de la région de Kharkiv, au nord-est, en septembre. Pour nombre d’observateurs, il signe même la défaite des Russes et la victoire des Ukrainiens.

Gare à la précipitation, car cette manœuvre peut aussi être le moyen pour Moscou de se reconstituer de l’autre côté du fleuve, en attendant que passe l’hiver, saison qui pourrait geler quelques peu les opérations. Néanmoins, la reprise du terrain par les troupes de Kiev est spectaculaire. Reste que la guerre dans le Donbass, plus à l’est, risque de se poursuivre encore longtemps. Elle dure d’ailleurs depuis 2014.

Et qu’adviendra-t-il de la Crimée ? Il est peu probable que Volodymyr Zelensky ne cherche pas à se réapproprier cette terre. Tout dépendra aussi du rôle que continueront à jouer les Occidentaux dans ce conflit. Les Américains en tête, qui financent à coups de plusieurs dizaines de milliards de dollars, l’armée ukrainienne. “L’incident” polonais de cette semaine nous a également rappelé la force de l’OTAN, et à quel point les limites sont fines entre la situation actuelle et l’activation de la clause de défense mutuelle.

Le second événement concerne précisément les Etats-Unis. Déjouant tous les pronostics, Joe Biden ait parvenu à sauver la face aux élections de mi-mandat. Certes, il perd la majorité à la Chambre des Représentants, mais sans que les Démocrates soient humiliés, comme certains le prédisaient. Il conserve, en revanche, la main sur le Sénat. Le résultat de ce scrutin devrait rassurer les Ukrainiens qui redoutaient qu’un raz de marée des Républicains ait pour conséquence une diminution sensible de l’aide militaire apportée par Washington. Donald Trump, qui misait sur un succès à ces élections pour se lancer dans la bataille de la présidentielle de 2024, pourrait être, quant à lui, freiné dans son élan… mais, fidèle à lui même, cela ne l’a pas empêché de déclarer sa candidature !

L’équipe de l’ASFE

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