“Bâtir ensemble” : Elisabeth Borne donne les grandes lignes de sa politique

Après la longue séquence électorale que la France vient de vivre, la nouvelle Première ministre vient de prononcer son discours de politique générale devant le Parlement. Elle a ainsi donné les grandes lignes de la politique qu’elle entend mener, sous l’autorité d’Emmanuel Macron. De nombreux Français étaient impatients de l’entendre face à une Assemblée nationale où sa majorité n’est que relative et où les groupes représentant des partis au verbe radical sont plus étoffés que jamais.

S’exprimant à l’Assemblée pendant une heure et demie, face à un hémicycle volontiers chahuteur, Elisabeth Borne a fait montre de fermeté dans ses propos, tout en appelant ses opposants au dialogue, à l’obligation et à la nécessité de « bâtir ensemble ». A cet égard, elle a pris soin de citer les présidents de chaque groupe, sauf ceux du Rassemblement national et de La France insoumise, confirmant ainsi que l’exécutif ne veut pas construire de compromis avec les forces politiques qu’il juge extrêmes.

Au Sénat, Elisabeth Borne a fait preuve d’une délicatesse à l’égard des Sénateurs à laquelle ceux-ci sont peu habitués. Louant leur sens du compromis et leurs méthodes de travail transpartisanes, la Première ministre a semblé redécouvrir le sens de cette chambre de tempérance, s’engageant à lui confier bien plus de projets de loi en 1ère lecture. Sur le fond, les orientations du gouvernement pour ce début de second quinquennat Macron s’appellent pouvoir d’achat, plein emploi, révolution écologique, égalité des chances et souveraineté. Autant de thèmes qui collent à l’actualité de notre pays, exposé à la guerre en Ukraine et à ses conséquences, à la pandémie qui n’est pas finie et aux multiples fractures dont souffre notre société : générationnelle, géographique, sociale, communautariste…

Pour répondre aux défis qui attendent la France, un triptyque servira de guide à Elisabeth Borne : l’écoute, l’action, les résultats. C’est évidemment par les mesures en faveur du pouvoir d’achat que son gouvernement va commencer à se confronter à la réalité. Sans entrer dans le détail de toutes les déclarations de la Première ministre, on retiendra l’énoncé de quelques mesures fortes : le plafonnement de la hausse des loyers, l’ouverture d’une grande concertation sur la transition écologique en septembre, la nationalisation à 100% d’EDF, la création d’un service public de la petite enfance et de 50 000 postes d’infirmiers et d’aides-soignants, la tenue d’une conférence nationale sur le handicap en 2023, une prochaine loi d’orientation sur la sécurité ainsi qu’une loi de programmation militaire.

La réforme des retraites a, quant à elle, été jugée indispensable. Toutes ces pistes de travail paraissent frappées au coin du bon sens. Aucune n’a néanmoins été chiffrée. Or la France, avec 3000 milliards de dettes, n’a plus guère les moyens de percer encore davantage ses poches. L’autre difficulté d’Elisabeth Borne sera de trouver à chaque fois des majorités de projet, tâche qui risque de ralentir voire de rendre impossible la concrétisation de certaines de ses ambitions. La Première ministre, qui n’a pas sollicité la confiance de l’Assemblée nationale, va devoir faire preuve d’une grande habileté !

L’équipe de l’ASFE

4 commentaires

  1. Un très bon discours. Il lui faudra rallier les élus de bonne volonté autour de son programme, Reste á savoir la réaction de ses opposants au dialogue. Les élus NUPES vont lui mener la vie dure et ces gens-lá savent protester á plein temps mais n’ont aucune idée comment engendrer la prosperité en France et sans prospérité tout le monde est pauvre.

  2. Ne pas prendre en compte les extrêmes, c’est ignorer la moitié de l’hémicycle ! C’est une position qui me paraît difficilement tenable. Quant aux sujets social et écologique, difficile d’avoir confiance vu le bilan du dernier quinquennat.

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