Les enseignements du 1er tour des élections législatives 2022

Le 1er tour des élections législatives pour les Français de l’étranger s’est tenu le week-end dernier, une semaine avant le scrutin en France. Ceci dans le but de permettre l’acheminement dans les temps du matériel électoral pour le 2nd tour. Si les duels du 2ème tour tels qu’ils apparaissent étaient largement attendus, il n’en demeure pas moins quelques surprises, et surtout des enseignements, à tirer de ces élections.

Une faible participation

Le taux de participation globale pour ce 1er tour est de 22,51% pour les Français de l’étranger, en hausse de 3,5 points par rapport à 2017. Rappelons qu’il y a 5 ans le vote électronique avait été suspendu. En tête des circonscriptions abstentionnistes : la 8ème (87,77% d’abstention), suivie de près par la 9ème (85,29%) et la 2ème (85,07%). Cette forte abstention explique qu’il n’y ait de triangulaire dans aucune des 11 circonscriptions (un candidat ayant besoin pour se maintenir d’atteindre 12,5% des inscrits).

Des duels Ensemble – NUPES

Dans toutes les circonscriptions en dehors de la 8ème – où le député LR-UDI sortant Meyer Habib est arrivé en tête – le 2ème tour verra s’affronter les candidats « Ensemble ! » et les candidats « NUPES », dont le Conseil d’État a reconnu mardi qu’il s’agissait d’une nuance politique à part entière, et non d’une simple « alliance de circonstance ». Lorsque la gauche est unie, les scores s’en font forcément – et fortement – ressentir.

Les circonscriptions qui pourraient basculer à gauche

Dans certaines circonscriptions, les résultats sont très serrés, et le quasi-monopole de LREM sur les députés des Français de l’étranger devrait prendre fin. Tel est le cas de la 9ème circonscription (qui avant Mjid El’Gerrab avait été gagnée par le députée PS Pouria Amirashi), ou encore en Amérique Latine (où en 2012 avait été élu Sergio Coronado).

Un dissident majoritaire

Évidemment, le fait le plus commenté par la presse est la défaite de l’Ancien Premier ministre, Manuel Valls, dans la 5ème circonscription. Ses 15% sonnent comme un désaveu du Président de la République, qui avait personnellement choisi Manuel Valls, laissant de côté Stéphane Vojetta. La candidature de Valls a eu le mérite de mettre en lumière cette circonscription. Il affrontera Renaud Le Berre, Conseiller des Français de l’étranger de Barcelone, lors du 2nd tour. Lors des consulaires déjà, la gauche avait réussi à s’unir autour de listes communes en Espagne.

Les surprises du vote électronique

3 électeurs sur 4 ont utilisé le vote électronique comme mode de scrutin. Avec son lot de défaillance, il est néanmoins désormais plébiscité par les Français de l’étranger, ce qui pose la question de l’obsolescence du vote par correspondance (utilisé par 0,09% des votants). Cette modalité de vote explique également à notre sens certaines performances électorales. C’est le cas de plusieurs candidats que se sont présentés sous l’étiquette « Les écologistes avec la majorité présidentielle ». On note ici l’importance de la mention visible sur le portail de vote électronique : dès que ces candidats se retrouvaient face à un candidat qui apparaissait comme LFI (et non comme NUPES) leur score est extrêmement important, allant même jusqu’à se placer en 3ème position aux Etats-Unis, les électeurs les considérant comme la seule alternative écologiste. L’inverse n’est pas vrai : lorsque des candidats EELV apparaissaient comme tel et non NUPES, ils ont bien récupéré les voix de toute la gauche, démontrant que l’étiquette LFI reste clivante chez les Français de l’étranger.


La performance des candidats ASFE

L’ASFE soutenait pour la première fois des candidats aux élections législatives. Avec des scores très honorables (plus de 5% en moyenne dans les circonscriptions concernées), et frôlant les 10% avec Pascal Gentil en Asie, cette première élection nous a permis de planter notre drapeau dans une arène très politique. Surtout, ce résultat nous apparaît comme une avancée supplémentaire pour les droits des Français établis hors de France, qui ont fait partie intégrante des programmes défendus par tous les candidats ASFE et ont obligé certains candidats d’autres partis à sortir des débats de politiques nationales pour s’intéresser à leurs électeurs.


L’affaiblissement des Républicains

En dehors de ceux ayant fait une excellente campagne de terrain, les candidats LR aux législatives ont, comme leur parti aux présidentielles, sous-performé. Mais pouvaient-ils guère faire mieux ? C’est une reconstruction de fond que doit entamer ce parti d’opposition, s’il ne veut pas le rester à jamais. Les Français de l’étranger devront sans doute faire l’objet d’une nouvelle approche de la part des LR, peut être plus en phase avec ce qu’ils sont devenus, et non ce qu’ils étaient à la belle époque de la droite républicaine.

Les scores honorables de la droite nationaliste

Autant RN que Reconquête, qui sont partis divisés, n’ont pas convaincu les Français de l’étranger. De fait les scores de Reconquête sont largement supérieurs à ceux du parti de Marine Le Pen, réussissant à dépasser le seuil de remboursement de 5%, se plaçant même en 3ème position en Asie avec la candidature du Conseiller des Français de l’étranger Marc Guyon. Des scores qui correspondent avec le 1er tour des élections présidentielles, confirmant qu’Éric Zemmour a su parler à une certaine catégorie de Français de l’étranger.  

Rendez-vous est donc pris le 19 juin prochain pour connaître nos 11 futurs députés des Français de l’étranger ! N’oublions pas que si les députés sont élus sur des bases démographiques, par circonscription, ils n’en demeurent pas moins les représentants de la Nation toute entière.

L’équipe de l’ASFE

2 commentaires

  1. J espère quetout ce passera bien pour mon vote,car au premier tour j ai eu du mal à avoir mon dernier mot de pass pour valider mon vote.

  2. Si le vote par correspondance a été si peu utilisé c’est qu’il est très difficile dans certaines circo mais surtout parce que l’administration freine des deux pieds. L’obligation de s’inscrire pour ce mode de scrutin avant le 31 mars n’a été évoqué dans la correspondance des postes plusieurs semaines après la date butoir c’est aussi où lier qu’il y a des électeurs qui ne disposent pas des moyens pour utiliser le ve (réseau, matériel, pas de formation…) et qu’il existe des circonscriptions où de très nombreux électeurs sont éloignés des bureaux de vote

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