A la rencontre de Fanny Sterner: aide et soutien aux Français du Costa Rica

L’équipe de l’ASFE a eu l’opportunité de rencontrer Fanny Sterner, présidente de l’Association française de Bienfaisance du Costa Rica, une association qui apporte son aide et son soutien aux Français démunis et en difficultés au Costa Rica depuis maintenant plus de 120 ans.

Vous présidez l’Association française de Bienfaisance du Costa Rica. Depuis quand existe-t-elle ? Quelles sont ses principales missions ?

En mars 2016, convoquée par monsieur l’Ambassadeur de France au Costa Rica, Monsieur Jean-Baptiste Chauvin, je me suis retrouvée face à la probable dissolution d’une association française de bienfaisance qui n’avait plus de bureau depuis 6 mois. Cette dernière a été créée le 18 juillet 1895, j’ai été émue par le destin de cette association qui vient en aide à des compatriotes français démuni au Costa Rica. Je me suis donc proposée de la sauver et en ai pris la présidence, en demandant à d’autres personnes présentes de m’accompagner dans ce projet pour former le nouveau bureau.

Durant la première année, un gros travail a été fait mettre à jour l’immatriculation de l’association, ses statuts, ses comptes bancaires. Alors que l’association ne recevait plus aucune demande d’aide, après une année d’effort de remise à nouveau, nous avons de nouveau reçu des dossiers en octobre 2016.

Notre seul but est celui d’apporter notre soutien et notre aide dans la mesure de nos possibilités, dans tous les domaines. Nous avons pu ainsi apporter un appui pour des demandes d’aides complémentaires à la retraite, des aides économiques ponctuelles mais également dans le cas de dossiers de bourse scolaire non déposés à temps.  Pour les personnes précaires, nous payons certaines consultations médicales, une partie du billet permettant le retour en France ou bien encore distribuons au besoin des matériaux ménager donnés par des compatriotes. Nous apportons aussi un soutien moral et avons une attention particulière sur les détenus français afin que ceux-ci bénéficient d’un meilleur traitement.

Enfin, l’association a également, à sa charge, un carré français au cimetière général métropolitain.

Pouvez-vous expliquer ce qu’est une OLES ? Est-il difficile d’obtenir ce statut ?

Les OLES sont des organismes locaux d’entraide et de solidarité qui reçoivent des subventions directement de la France.

L’ambassade, qui nous vient souvent en appui, nous envoie chaque année les documents à remplir pour essayer de bénéficier de cette subvention. Pour cela nous devons donner tous les détails du travail fait durant toute l’année, en spécifiant les entrées, les sorties, les aides réalisées, les états des finances et nos prétentions sur le montant de l’aide demandée. 

En tant qu’OLES, vous bénéficiez d’une subvention de l’État français. Quelle part de vos financements annuels est liée à ce statut particulier ? Les aides françaises sont-elles suffisantes ?

Les années précédentes nous avons obtenu moins que ce que nous demandions. Cette année , par contre, nous avons reçu le total de la somme désirée, ce qui, pour nous, a été une preuve de la confiance de l’ Etat français dans le grand travail que nous avons effectué alors de la crise sanitaire.

Nous avons dépensé bien plus que ce que nous avions demandé et ce grâce à l’aide monétaire reçue de la part de nos compatriotes français du Costa Rica, qui ont répondu positivement à l’appel que nous leur avons fait pour obtenir des fonds. 

Recevez-vous beaucoup de demandes d’aide de la part de Français et comment les traitez-vous ?

Les demandes d’aides se sont multipliées en raison de l’épidémie de COVID 19. Dû à la crise et au confinement, le bureau a principalement communiqué par WhatsApp et Zoom. Toutes les demandes sont analysées et traitées par le bureau le plus rapidement possible en raison des situations souvent très urgentes. Nous votons les aides par WhatsApp. Nous nous mettons toujours d’accord sur la forme et le montant des aides octroyées à l´unanimité. Ces dernières se font par virement bancaire pour que cela soit plus rapide et efficace.

Quelle est l’action que vous avez menée au sein de la Bienfaisance qui vous a le plus marqué ? 

Ce qui m’a le plus marqué, c’est le cas le cas d’un détenu à l’aéroport, auquel j’ ai rendu visite en prison avec un avocat que nous avons payé pour essayer de l’aider. Nous avons pu intervenir afin qu’il bénéficie de conditions de détention correspondant à son état de santé : il présentait de nombreuses allergies alimentaires et ne pouvait donc se nourrir correctement.

Je me souviens également du cas d’une Française en difficulté financière avec ses deux adolescents, qui n’avait rien au Costa Rica, et que nous avons aidé à plusieurs reprises. Grâce à notre intervention, elle a pu obtenir une aide de l’ambassade. 

Avez-vous autre chose à ajouter ?

Chaque cas est vraiment particulier, parfois difficile à gérer, mais nous faisons notre possible. Nous rencontrons beaucoup de situations compliquées à analyser et cependant nous faisons de notre mieux. Notre devoir prédominant est toujours celui d’aider nos compatriotes.

Fanny Sterner, Conseillère des Français de l’étranger et présidente de l’Association française de Bienfaisance du Costa Rica.

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