Ouverture d’un nouveau lycée français à Tunis

Le Groupe Scolaire René Descartes de Tunis a inauguré le 2 juin 2021 son nouveau lycée, qui ouvrira ses portes à la rentrée prochaine. L’Ambassadeur de France, Monsieur André Parant, est venu apprécier les locaux. La Présidente-Directrice Général du Groupe Scolaire René Descartes y a rappelé que “l’inauguration du lycée marquait une nouvelle étape après l’homologation de tous ses établissements sur l’ensemble de ses cycles scolaires à partir de l’année 2020-2021”.

L’équipe de l’ASFE s’est entretenue avec Laurent Caizergues, Conseiller des Français de l’étranger – auquel les Français de Tunisie viennent de renouveler leur confiance – sur ce sujet.

Combien d’établissements scolaires français peut-on compter aujourd’hui en Tunisie ?

Tout d’abord, il existe 3 types d’établissements scolaires français à l’étranger :

  • Les établissements en gestion directe (EGD) sont des composantes du réseau de l’Agence pour l’Enseignement France à l’étranger (AEFE). Leur budget est agrégé à celui de l’AEFE, c’est à dire que c’est elle qui rémunère le personnel titulaire et accorde les subventions. On en compte 2 en Tunisie, eux-mêmes composés de 8 établissements, 3 à La Marsa et 5 à Tunis.
  • Les établissements conventionnés sont gérés par des associations ou fondations de droit privé. L’AEFE entretien un dialogue constant avec ces établissements avec lesquels elle a passé une convention administrative, pédagogique et financière. Cependant nous ne disposons pas de tel établissements en Tunisie
  • Les établissements partenaires quant à eux sont gérés par des organismes privés et ont signé un accord de partenariat avec l’AEFE établissant leurs relations financières et les prestations possibles. En Tunisie, nous avons passé un accord de partenariat avec 12 établissements, 11 étant des établissements privés, et 1 étant public, l’école internationale de Tunis.

A l’horizon 2022, 12 établissements scolaires figurent dans le programme “Tunisie Pilote” en vue d’une homologation afin de faire grandir notre réseau AEFE.

Que représente pour vous l’inauguration de ce nouveau lycée ? Combien d’élèves pourra-t-il accueillir ?

L’inauguration de ce nouvel établissement va permettre l’accueil de 800 élèves. C’est la preuve, encore une fois, que le système Français est très recherché par les parents d’élèves, et que la demande d’enseignement français est en constante croissance en Tunisie. Nous cherchons donc à répondre de la manière la plus efficace à cette demande en augmentant le nombre et la couverture géographique en Tunisie du réseau de l’AEFE pour la diffusion de la culture et de l’enseignement français à l’étranger.

Le Groupe Scolaire René Descartes (GSRD), groupe d’établissements d’enseignement privé à programme français, est homologué par l’AEFE. Pouvez-vous rappeler ce que signifie cette homologation ?

L’homologation est une procédure attestant de la conformité aux principes, aux programmes et à l’organisation pédagogique du système éducatif français. Elle est organisée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), le ministère de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports (MENJS), les postes diplomatiques et l’AEFE. L’homologation se fait par niveau : maternelle, élémentaire, collège et lycée.

Pour être homologué, un établissement doit respecter, compte tenu de la législation locale, et des accords signés avec les pays d’accueil, des principes et critères dans 6 registres :

  • principe, programmes et valeurs du système éducatif français,
  • place et maitrise de la langue française,
  • politique linguistique plurilingue,
  • personnels qualifiés et régulièrement formés,
  • évaluations, préparation et passation des examens français,
  • et exigence de locaux et équipement adaptés aux exigences pédagogiques.

Un suivi est ensuite opéré par le MENJS et le MEAE par une démarche d’assurance-qualité. C’est-à-dire que tous les 5 ans, les établissements homologués font l’objet d’une procédure de renouvellement d’homologation.

Quelles sont les principales préoccupations des Français de Tunisie concernant l’éducation française ?

Les principales préoccupations des Français de Tunisie, selon mon expérience, concernent principalement le maintien des tarifs à un niveau raisonnable en limitant les hausses tarifaires au strict minimum. Les Français de Tunisie veulent également l’engagement des établissements scolaires à maintenir un nombre de professeurs résidant important notamment dans les EGD, et leur augmentation dans les établissements partenaires.

La Tunisie est-elle en avance par rapport aux autres pays sur le plan de développement de l’enseignement français à l’étranger ? Quel état des lieux faites-vous de l’évolution de l’enseignement français à l’étranger sur ces dernières années ?

Le constat que l’on peut faire est celui de l’augmentation. En effet, entre 2017 et 2022, le nombre d’établissements d’enseignement français aura presque triplé, particulièrement dans le grand Tunis ou il existe désormais 13 établissements. L’augmentation a également lieu sur l’ensemble du territoire tunisien, l’ambassadeur de France lui-même, Monsieur André Parant, constate que la Tunisie sera le seul pays à atteindre les objectifs pour 2023 du plan de développement de l’enseignement français lancé en 2018.

Avez-vous autre chose à ajouter ?

Pour que cette stratégie de développement soit une réussite pérenne, il sera important que l’AEFE garantisse aux familles l’excellence de la formation des professeurs, et qu’elle sera toujours au cœur de ses choix stratégiques.  Elle doit également garantir un nombre suffisant de professeurs remplaçant ainsi que des formations diplômantes obligatoires pour les professeurs en contrat local.

Laurent CaizerguesConseiller des Français de l’EtrangerCirconscription Tunisie-Libye

Un commentaire

  1. Pourquoi ne pas développer des études virtuelles à distance, afin d’assurer des formations pluridisciplinelles avant baccalauréat (filières qui mènent aux bacs pro notamment) et post bacs, pour atteindre des niveaux BTS, Bac+3,+4, et pourquoi pas Master I et II.
    Quant à la partie pratique attelée à ces formations, quelles soient de niveau secondaire ou univertaire, (Travaux Pratiques et Dirigés, expérimentations, stages, etc.) dû moins, dans certaines disciplines scientifiques (notamment dans les branches de “pointe” électroniques, informatiques et industrielles) ou économiques, elles pourraient faire l’objet d’une organisation locale, établie conjointement avec des compétences tunisiennes, d’un enseignement et d’un suivi approprié en soutien à celui dispensé de manière théorique et virtuelle.

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