Covid-19 : une jeunesse en détresse ?

On n’a pas fini de dresser la liste des effets que la pandémie produit sur la vie quotidienne, l’économie, les relations familiales, sociales, intergénérationnelles et diplomatiques, bref, sur la marche du monde.

Sans doute ne sont-ils pas tous encore perceptibles car cette crise sanitaire semble appeler à durer.  Une chose est certaine, si nombre de personnes âgées ont payé de leur vie l’agressivité de ce virus, la jeunesse, elle, n’a pas été épargnée.

Adolescents et jeunes adultes ont vu leur existence bouleversée, souvent pour le pire. On dira que certains épisodes de l’histoire de l’humanité ont été bien plus rudes pour elle. Quand, par exemple, on était appelé à 20 ans à monter au front, les armes à la main. Les guerres mondiales du XXème siècle resteront parmi les plus meurtrières. Des générations entières ont été sacrifiées par le passé.

La première des conséquences aujourd’hui est la mise au ralenti de l’instruction. Etablissements scolaires fermés, enseignement à distance ou par alternance, examens ou concours reportés… Le retard pris dans l’acquisition des connaissances par des dizaines de millions d’enfants, notamment en Europe, ne peut que susciter l’inquiétude. Nombre d’entre eux ont même décroché, surtout dans les milieux modestes. Seront-ils récupérables ?

L’ignorance est la porte ouverte au chômage, à la pauvreté, à la désocialisation… Combien d’étudiants aussi n’ont pas effectué leurs stages ou trouvé un emploi car les entreprises et les administrations ne veulent pas prendre de risques ou n’ont plus les moyens de les accueillir ? 

Selon un rapport officiel remis au gouvernement en décembre dernier, la France compte 2,9 millions de mineurs en situation de pauvreté. Les moins de 30 ans représentent 35% de la population et près de 50% des personnes pauvres !

La deuxième des conséquences est l’accès limité, voire interdit, aux lieux culturels, sportifs et de divertissement. La jeunesse n’a pas pu se cultiver, échanger, se rencontrer, s’amuser, voyager comme elle doit le faire à son âge pour mieux appréhender la vie ensuite. Ce sont autant d’occasions de s’ouvrir au monde et à ses richesses immenses qui n’ont pu avoir lieu.

Beaucoup d’études ont ainsi montré que la santé mentale des adolescents et jeunes adultes se dégradait. Sans avenir à portée de main et sans projet, les esprits sont vite gagnés par la déprime.

La troisième des conséquences est évidemment le risque de fracture générationnelle. Quantité de jeunes ne comprennent pourquoi on leur demande de rester confinés alors que le coronavirus touche d’abord leurs aînés. Même si les nouveaux variants sont moins sélectifs. Les discours sur la jeunesse asymptomatique qui transmet la maladie à la population grisonnante n’ont pas arrangé les choses. Les accusations en responsabilité ont souvent été vexatoires, voire très mal acceptés par les moins âgés.

Pour finir sur une note plus positive, évoquons l’Afrique qui a été le continent le moins sévèrement frappé par la pandémie. A quelques exceptions près certes : Afrique du Sud, Maghreb, Nigéria, Kenya. C’est précisément la jeunesse de sa population qui expliquerait sa bonne résistance. La catastrophe que d’aucuns redoutaient, faute de moyens et de systèmes de santé adaptés, n’a heureusement pas eu lieu. Un pays comme le Niger, par exemple, où l’âge moyen des 24 millions d’habitants est de 15 ans, n’a officiellement recensé que 170 morts de la Covid-19. On ne peut que s’en féliciter !

L’équipe de l’ASFE

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