« Les politiques climatiques ne sont pas à la hauteur de l’enjeu »

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Le 12 décembre 2015, Laurent Fabius scellait d’un coup de marteau historique, à Paris, un pacte ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Celui-ci était signé par 195 pays réunis pour la COP21. L’objectif était de contenir le réchauffement de la planète, qui ne devait pas être supérieur de 2 °C au cours du XXIème siècle par rapport à l’ère pré industrielle.

L’enthousiasme était alors grand et tout le monde se souvient de l’émotion de l’ancien ministre français des Affaires étrangères. Cinq ans après, où en est-on ? L’ardeur est retombée. Selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, « les politiques climatiques ne sont toujours pas à la hauteur de l’enjeu ». Au rythme où vont les choses, une hausse de 3 °C est bien plus certaine d’ici à 2010. Ce constat aurait dû être dressé lors de la COP26, qui devait se tenir à Glasgow en novembre. La crise sanitaire a repoussé le rendez-vous à l’automne 2021.

Reste néanmoins quelques bonnes nouvelles. En septembre dernier, la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, a créé la surprise en s’engageant à la neutralité carbone d’ici à 2060. Le mois suivant, c’était au tour du Japon et de la Corée du Sud de suivre, avec 2050 pour objectif. D’autres pays devraient également s’engager dans les prochaines semaines.

Les Vingt-Sept de l’Union européenne sont, quant à eux, parvenus à se mettre d’accord sur une baisse des émissions d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, contre 40 % actuellement. L’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis est l’autre espoir. Le retour du deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre dans l’accord de Paris paraît assuré. « Welcome back, welcome home ! », a lancé Emmanuel Macron, samedi, en saluant le geste de Washington.

Le Président de la République a également annoncé qu’il souhaitait qu’un référendum se tienne en France pour inscrire la clause climatique dans notre Constitution. Alors que l’urgence climatique n’a pas décru, il y a évidemment les engagements et les actes. Le plus difficile est d’accorder les deux. En pleine tourmente sanitaire, tandis que les taux de croissance sont dans le rouge, il est délicat de faire admettre aux populations que la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité.

Selon un rapport de l’ONG allemande Germanwatch, aucun des 58 pays qu’elle a passés à la loupe ne semble à même de tenir ses objectifs. La France ne fait pas exception : elle a dépassé de 2,7 % le plafond d’émissions nettes de gaz à effet de serre qu’elle s’était fixé pour 2019. L’accord de Paris de 2015 définissait, par ailleurs, des objectifs de coopération et d’entraide qui sont loin d’être atteints. Les pays développés s’étaient notamment engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique. On est encore très loin du compte…

L’équipe de l’ASFE

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