Désindustrialisation : une fatalité ?

Il fallait s’y attendre, la pandémie de Covid-19 commence à faire sentir ses effets sur l’économie mondiale. Partout, les pays redoutent l’augmentation du chômage, l’effondrement de la croissance, la montée de la pauvreté. Partout, les Etats jouent les pompiers, les banques centrales font marcher la planche à billets et les plans de relance tentent de rivaliser d’imagination pour amortir le choc. La France ne fait pas exception. Si l’Etat ne peut pas tout, comme disait naguère un premier ministre, il est très présent.


Reste que la tempête économique que secoue nos entreprises ne trouve pas uniquement sa source dans la crise sanitaire actuelle. Dans certains pans de l’activité, elle couvait depuis longtemps. Le coronavirus ne l’aura qu’accélérer. L’affaire Bridgestone, du nom de cette usine de pneumatiques de Béthune menacée de fermeture, détenue par des Japonais, en est la parfaite illustration. Quelque 860 emplois sont menacés, sans compter ceux des sous-traitants. Le département du Pas-de-Calais, déjà durement touché par la désindustrialisation de la France, retient son souffle.


Trois raisons expliquent le « drame de Béthune », comme beaucoup d’autres ici et là dans notre pays depuis quelques années.
D’abord, nos coûts de production ne sont absolument compétitifs dans une concurrence internationale acharnée. Comment rivaliser avec des pays qui pratiquent le dumping social, comme en Europe centrale, ou qui négligent la couverture sociale de leurs salariés, comme en Asie ou en Afrique du nord ? L’équation est impossible à régler sauf à renoncer à notre modèle national, certes surfiscalisé, mais qui ne laisse personne sur le bord du chemin en cas de pépin.


Ensuite, nos normes de fabrication sont infiniment plus contraignantes et exigeantes que celles imposées dans les pays asiatiques ou africains. Nos systèmes se veulent vertueux, plus respectueux de l’environnement aussi, quand ceux des autres se veulent avant tout commercialement efficaces. Cela a un coût et nous le payons dans la compétition mondiale.


Enfin, et ce dernier point est étroitement lié aux deux précédents, l’Union européenne est un marché ouvert aux quatre vents qui ne sait pas se protéger. Elle tolère une concurrence déloyale qui est mortifère pour ses produits. Les Etats-Unis et la Chine sont bien plus regardants à leurs frontières pour défendre le travail de leurs propres entreprises.
La désintégration de notre industrie est malheureusement en marche depuis longtemps, fruit d’imprévoyance, de négligence et de naïveté. Dans l’industrie des pneumatiques, l’affaire Bridgestone en est un nouvel exemple, après les dégâts déjà provoqués par la concurrence chinoise chez Michelin, Goodyear et Continental.
Il est urgent de réagir…

2 commentaires

  1. Vous oubliez un détail me semble-t-il. On ne peut pas vivre dans un pays qui fait tout pour détruire l’automobile et l’envie de conduire et traite de chauffard n’importe quel automobiliste et s’étonner ensuite qu’on achète moins de voitures donc moins de pneus. Regardez les mesures anti voitures prises chaque mois concernant la vitesse – merci MR Philippe et vos 80 km/h , vous avez été bien récompensé avec un poste chez le principal producteur de radars – en ville, sur route, sur autoroute , les contrôles techniques de plus en plus restrictifs, la chasse au diesel alors qu’on a toute une infrastructure industrielle pour produire des diesel de qualité, la promotion à tout va de la voiture électrique alors que justement l’infrastructure qui va avec est à construire etc …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *