L’Afrique face au coronavirus

L’Afrique face au coronavirus 

Impact de la crise : les pays les plus touchés 

Point sur le double choc sanitaire et économique 

Le 9 août, le nombre de cas enregistrés était de 1 022 084 et de 22 491 décès selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. Mais certains experts soulignent le manque et l’inexactitude des données. Les fortes disparités territoriales et la faible capacité de déploiement de centres médicaux spécialisés rendant les données demeurent approximatives. Tous les yeux sont tournés vers le Maghreb où le virus a le plus progressé depuis le début de la pandémie. 

Quelle est l’ampleur de la crise économique ? 

Il faut garder en tête que la diversité du continent en terme de développement se révèle même d’un point de vu économique. Ce fait s’illustre parfaitement de part la “santé économique” de ces pays durant le covid-19.  Les cinq pays les plus touchés économiquement par la crise seraient les Seychelles (-10,8 %), le Zimbabwe (-7,4 %), Maurice (- 6,8 %), Sao Tomé et Principe (- 6 %) et l’Afrique du Sud (-5,8 %). A contrario, le Soudan du Sud (+4,9 %), le Bénin (+4,5 %), le Rwanda (+3,5 %), l’Ouganda (+3,5 %) et l’Éthiopie (+3,2 %) devraient rester relativement épargnés par la crise.

Dans la région d’Afrique subsaharienne, de nombreux pays dépendent des exportations de matière première – le cacao, pétrole, le coton, etc. Le CNUCED a recueilli la chute de leur cours à 37% par rapport à l’année dernière. Autrement, la perturbation des chaînes d’approvisionnement en denrées de première nécessité risque de mettre à mal leur capacité à stabiliser leurs comptes extérieures. La baisse des flux migratoires représente un grand manque à gagner pour l’économie des pays les plus développés. Plus encore pour les pays dont une grande partie de l’économie reposait sur le tourisme. Ce secteur représente jusqu’à 38% du PIB de certains pays, a chuté simultanément à l’arrêt du secteur du transport.

 

« Les coûts économiques de la pandémie ont été plus durs que l’impact direct du COVID19. À travers le continent, toutes les économies souffrent du choc soudain sur leur économie. La distanciation physique nécessaire pour contenir la pandémie étouffe et noie l’activité économique », affirme la secrétaire générale Vera Songwe, Vice-secrétaire générale de l’ONU et Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique.

Gestion de la crise 

Que constate-t-on au niveau des mesures sécuritaires et sanitaires prises ? 

Nous pouvons qualifier la réactivité des pays africains d’exemplaire concernant la gestion de cette pandémie mondiale. De nombreux pays ont adopté des mesures anticipatives avant même que leurs territoires atteignent un nombre de cas alarmant. Le 12 mars la Guinée équatoriale lança le mouvement des fermetures des frontières, avant d’être très rapidement suivie. 

En soit, ces mesures pourraient sembler excessives, mais sachant la tradition migratoire transnationales des populations – de telle précautions furent de rigueur. Mais une escalade des tensions au sein des populations en transit fut notable. Notamment pour les migrants subsaharien, avec la révolte à Arlit, au nord du Niger. Plus grave encore, les vulnérabilités de certaines régions, déjà présentes, n’ont fait que s’accroître. Plusieurs campements de migrants, tels ceux de Nador (Maroc), ont été déplacé ou ravagé. 

 

Maintenant, figure aussi le défi des équipements et de la gestion des soins de santé. Il est vrai que les centres de santé africains ont encore beaucoup de progrès à faire en terme d’équipement et de savoir-faire. Même s’il faut noter les progrès de certains pays tels l’Afrique du Sud ou la Tunisie. 

Durant la crise, disposer de lits, appareils respiratoires et même de médecins suffisants a été un vrai casse-tête. Le docteur camerounais Nkengasong a confié dans article du journal Le Monde, que leur espoir était tourné vers l’aide des médecins sans frontières et de la Chine. Lorsque l’empire du milieu a repris son souffle, le Cameroun, comme d’autres pays, ont pu recevoir des lits. Face à cette pandémie, disposer d’un nombre suffisant de médecins formés (réanimation, usage des appareils respiratoires) reste un défi majeur. 

Comment expliquer le fait que le continent ait pu être épargné ? 

Tout d’abord, il semblerait que la bonne résilience de l’Afrique face à cette crise sanitaire viendrait probablement de sa maturité et de son expérience face à des crises antérieures, telle le virus ébola. Il semblerait aussi que la jeunesse de la population ait été à leur avantage.

Aussi nous pouvons relever que la prévalence des comorbidités y est plus faible qu’en Europe. Principalement dû à des facteurs tels que des prédispositions génétiques favorables ainsi qu’à une exposition plus régulière à d’autres virus (hypothèse de l’immunité croisée). 

Cependant d’autres dynamiques soulignent l’importance de rester en alerte. Depuis un certain nombre d’années, nous remarquons que les comorbidités sur l’hypertension artérielle, l’obésité et le diabète sont en hausse nette. Enfin, suite à la croissance des appels envers le SAMU et l’incapacité de déploiement sanitaire adéquat, plusieurs pays ont procédé à des transferts vers d’autres structures hospitalières. Il s’agit par exemple du Congo, Gabon, Mali, Cameroun ou encore du Sénégal.

Comment organiser la relance des activités ? 

Face à la crise qu’endure les économies des pays Africain, la commission économique africaine (CEA)  des nations unies préconise des mesures drastiques dans son rapport. Les ministres s’accordent sur les politiques suivantes : 

  • mettre en place une dynamique multilatérale de financements afin d’obtenir un prêt de 100 milliards de dollars immédiat. Pour le secteur public, une exonération des dettes atteignant les 44 milliards de dollars. Concernant le secteur privé, une exonération des dettes sur les crédits commerciaux et une activation des lignes de liquidité pour les banques ; 
  • l’OMS décrète la nécessité de débloquer 15 milliards de dollars pour assurer les soins de santé nécessaires, promouvoir la recherche pour le vaccin et dispenser les services d’urgence ; 
  • prioriser les pays avec les systèmes de santé les plus vulnérables – ceux-ci doivent recevoir une aide prioritaire en terme d’équipement et de capacité de déploiement du personnel ;
  • parvenir à maintenir la livraisons des équipements nécessaires assurant la satisfaction des besoins nécessaires malgré la fermeture des frontières ; 
  • solliciter les leaders socio-culturels afin de sensibiliser et informer la population. 

Sources 

  • La crise en Afrique ici 
  • Afrique : Comment la fermeture des frontières a limité la propagation du Covid-19 ici
  • Coronavirus : l’Afrique au défi de son système de santé ici 
  • Même avec zéro cas, l’Afrique aurait sévèrement souffert du Covid-19 ici
  • CEA rapport: Le COVID-19 en Afrique: Sauver des vies et l’économie ici
  • Covid-19 en Afrique : les chiffres reflètent-ils la réalité ici 
  • Report on African Ministers of Finance Meeting: Emergency Request to the international Community on COVID-19 Response ici
  • CEA: Réponse de l’Afrique au COVID-19 – Messages clés pour les réunions du FMI et du Groupe de la Banque mondiale ici

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