La grande figure féministe Gisèle Halimi s’est éteinte le 28 juillet 2020 à Paris. A travers le parcours inspirant de la franco-tunisienne se reflètent les luttes pour la cause de la femme – notamment le combat pour le droit à l’avortement.

 

Une femme engagée, et ça, dès le plus jeune âge ! 

 

Gisèle naît dans une famille traditionaliste mais cela ne va pas l’empêcher de croire et revendiquer ses droits. A 13 ans ans par exemple, elle fait une grève de la faim pour revendiquer son droit à la lecture. A 16 ans, elle refuse même un mariage arrangé. C’est en France (à la Faculté de droit et de lettres de Paris, puis Science Po) qu’elle fait ses études de droit. 

 

Figure féministe aux multiples combats 

 

Lorsque débute la guerre d’Algérie (1954), elle bataille au côté de ceux qui signent le Manifeste des 121. Elle choisit également de prendre la défense de Djabila : une jeune algérienne ayant été accusée d’avoir posé une bombe, torturée et violée par des soldats français. Simone de Beauvoir rejoindra même la lutte grâce à elle. Malgré sa remarquable plaidoirie, Djabila fut condamnée à mort. Toutefois, elle sera amnistiée et libérée en 62. 

 

Le grand procès de Bobigny  

 

 En 1972, Marie-Claire (une jeune fille de 16 ans) et sa mère qui l’a aidée à avorter sont poursuivies en justice. C’est donc vers Gisèle Halimi qu’elles se tournent pour leur défense. L’occasion va alors se présenter pour la franco-tunisienne de défendre les deux femmes mais aussi de faire de cet épisode un moment marquant pour la lutte pour la libéralisation de l’avortement. Et effectivement, loi de l’interruption volontaire de grossesse par Simone Veil sera promulguée en janvier 1975. 

 

L’état du droit à l’avortement dans le monde aujourd’hui 

 

Selon l’ONU et l’ONG Guttmacher, 25 millions d’IVG ont lieu dans des conditions non sécurisées dans le monde par an. Ces avortements, réalisés en absence de conditions médicales minimales, provoquent environ 47 000 décès par an. 

 

Seuls 55 pays à ce jour ont autorisé l’avortement librement. En 2016, 39,5% des femmes ont accès à l’avortement dans le monde. 

 

Certains pays ont légalisé le recours à l’IVG, mais les procédures d’accès n’en demeurent pas moins complexes. Il faut souvent parvenir à réunir les conditions suivantes : autorisation parentale pour les mineurs, l’accord de plusieurs médecins… 

 

Aujourd’hui, de nombreux pays d’Afrique et d’Amérique latine maintiennent des mesures restrictives. On en dénombre une vingtaine l’interdisant de façon ferme, tels que le Salvador ou le Surinam. 

 

Sources 

  • Gisèle Halimi, défenseuse passionnée de la cause des femmes, est morte ici
  • Gisèle Halimi, avocate et figure du féminisme, est morte à l’âge de 93 ans ici  
  • Le droit à l’avortement dans le monde ici 
  • Où en est l’accès l’avortement dans le monde ici 
  • Mort de Gisèle Halimi, la voix des femmes ici