Si, comme l’a dit le président de la République dans sa dernière intervention télévisée, nous avons « retrouvé le plaisir d’être ensemble » après un long confinement, nous sommes aussi tous inquiets pour l’avenir de la nation. Nul ne se voile la face, nous allons vers des lendemains difficiles économiquement.

Dans le « monde d’après », Emmanuel Macron veut que notre pays soit « écologique, solidaire et souverain ». Il a « dessiné un chemin », selon sa propre expression, qu’il reviendra nous préciser, début juillet, après un probable remaniement du gouvernement. Ses mots sont justes et flatteurs, mais faut-il encore qu’ils renvoient à des réalités concrètes, à des mesures applicables, à un projet cohérent. Ce « plan de reconstruction » doit, par ailleurs, être financé. Le chef de l’Etat a déjà promis de ne pas augmenter les impôts, ce qui est une bonne chose, même si cet engagement sera difficile à tenir. La France croule sous les dettes et cela ne risque pas de s’arranger. La facture est estimée à environ 40.000 euros par habitant…

Deux pistes de réflexion évoquées par Emmanuel Macron semblent devoir être creusées. La première a trait à notre indépendance. La crise que nous venons de traverser a révélé nos faiblesses sur ce front. Il est évident que la France doit être moins tributaire de l’extérieur. La mondialisation reste une réalité, mais nous ne devons plus la subir. Il convient de l’apprivoiser pour en faire non plus une menace, mais un atout.

Cette indépendance doit s’entendre, au XXIème siècle, à l’échelon européen pour faire face à la Chine, aux Etats-Unis, à l’Inde… Ce n’est que tous ensemble que nous parviendrons à peser et à être respectés sur la scène internationale. C’est dire si tous les discours anti européens proférés ces dernières années sur notre sol paraissent en complet décalage avec les nécessités de notre temps.

La deuxième piste de réflexion nous conduit à repenser l’équilibre des pouvoirs en France. Notre tradition jacobine, hyper centralisée, a montré ses limites. Le président de la République lui-même, pourtant élevé dans cette culture, a reconnu qu’il fallait davantage jouer collectif, libérer les énergies du terrain, responsabiliser tous les maillons des chaînes de décision. Ce changement revient à dire que l’Etat ne peut pas tout, qu’il doit beaucoup plus se reposer sur les corps intermédiaires, les élus locaux, les entrepreneurs et les forces vives du pays.

Mille fois évoquée par le passé, cette ambition va-t-elle enfin se réaliser ? Emmanuel Macron a affirmé sa détermination dans ce sens. Cela passera-t-il par un nouvel acte de décentralisation ? Nous devrions le savoir début juillet, à l’occasion de sa prochaine prise de parole…

L’équipe de l’ASFE