Peu à peu, la vie reprend ses droits en France. C’est heureux. Y compris sur le front démocratique puisque le Gouvernement a ouvert la voie à la tenue du second tour des élections municipales le 28 juin. Certes, le Conseil scientifique, qui conseille l’exécutif, doit rendre un nouvel avis prochainement pour confirmer que plus rien ne s’y oppose médicalement, mais il y a toutes les raisons de rester optimiste.

Plusieurs solutions avaient été évoquées : le 28 juin donc, mais aussi le mois de septembre et même celui de janvier. A ces deux dernières dates, obligation aurait, en principe, été faite de recommencer le premier tour. Cela aurait été dommageable à plus d’un titre. Il est temps que les Français puissent s’exprimer, d’autant plus que la crise économique qui s’annonce va nécessiter la mobilisation des énergies. Il aurait été, par ailleurs, injuste d’annuler le premier tour de toutes les communes en attente. Celles-ci sont moins de 5000 sur le territoire, mais beaucoup sont des grandes villes – dont Paris, Lyon et Marseille – qui représentent environ un tiers des électeurs du pays. C’est loin d’être négligeable.

Quelques observateurs font néanmoins remarquer que les précautions sanitaires imposées par le covid-19 empêcheront de mener une campagne dans de bonnes conditions en ce mois de juin. L’argument ne tient pas car il faut rappeler que quelques jours seulement – une semaine – séparent les deux tours d’une élection municipale en temps normal. Les candidats en lice ont donc largement le temps, cette fois, de promouvoir leur programme même si les meetings et les rencontres sur les marchés seront difficiles, voire impossibles.

Et pourtant. Dans cette vie démocratique qui reprend, il y en a pour qui ce n’est pas le cas : ce sont les Français de l’étranger. Alors que la France est capable d’organiser des élections sur son sol, alors même que nous sommes un des pays les plus touché au monde par le Covid-19, cela serait impossible à l’étranger. Pourquoi ? Car le Conseil scientifique l’a rayé d’un trait de plume, sans plus d’explications, puisque nous ne pouvons pas anticiper l’évolution du virus dans le monde. Oui, nulle part d’ailleurs….

Plusieurs options auraient pu être envisagées : des élections à la rentrée, à la fin de l’année, ou encore des élections dans tous les pays du monde qui sont aujourd’hui ou dans les prochaines semaines déconfinés : c’est le cas dans plus de 75% des circonscriptions, avec ensuite des élections partielles en fonction de la situation locale.

Une fois de plus, c’est la simplicité qui a été choisie. Le projet de loi que vient de déposer le Gouvernement au Parlement fixe donc une nouvelle date pour les élections consulaires en mai 2021. Il faudra pourtant bien, un jour, que les Français de l’étranger puissent s’exprimer, n’en déplaise à ceux qui ont peur de ce rendez-vous démocratique. Qui peut d’ailleurs assurer, aujourd’hui, que dans un an nous ne devrons pas revivre la même situation, et qu’il n’y pas une composante saisonnière dans cette épidémie ?

Au-delà de la situation sanitaire, nous constatons – encore une fois – avec tristesse l’inégalité de traitement ente les Français de France et ceux qui vivent à l’étranger. Un an semble un délai bien long et peu justifié. Mais au final, ce n’est qu’un report de notre rendez-vous avec les urnes.

L’équipe de l’ASFE