Coronavirus : l’heure au déconfinement progressif

Le compte à rebours est lancé. Dans quelques jours, le 11 mai, les Français commenceront à sortir peu à peu du régime d’assignation à résidence auquel ils étaient soumis depuis le 17 mars. Les conditions de ce déconfinement alimentent les débats, suscitent des polémiques, provoquent des craintes. Ainsi va notre nation, comme le montre un sondage réalisé auprès de 27 000 personnes dans plusieurs pays, par YouGov, un cercle de réflexion britannique. Selon cette étude, nos compatriotes sont ceux qui ont le plus peur du coronavirus et ceux qui font le moins confiance en leur gouvernants pour surmonter la crise. Constat qui n’est guère encourageant mais qui reflète un certain état d’esprit : il est de notoriété mondiale que les Français sont foncièrement réservés en toutes circonstances. Ceux d’entre nous qui vivent à l’étranger le savent bien. Pour s’en désoler, car nous n’avons pas plus que d’autres des raisons de nous plaindre.

Si le choix du 11 mai porte en lui une part d’arbitraire, il se justifie. D’abord, nombre de nos partenaires européens ont déjà repris, d’une façon ou d’une autre, leur activité. Nous ne pouvions rester indéfiniment à l’arrêt. Ensuite, si la santé est primordiale, la mise en sommeil prolongée de notre économie – qui aura des effets ravageurs dans tous les secteurs – aurait pu avoir des conséquences catastrophiques pour l’équilibre psychologique national. Enfin, l’expérience des dernières semaines montre que beaucoup d’enfants et d’adolescents – des milieux les plus modestes surtout – avaient décroché du système scolaire. Cela ne saurait perdurer sous peine de voir une partie de la jeunesse se désocialiser. Il convenait donc de tenir compte de ces trois paramètres, de les mesurer et de les confronter pour trouver la juste proportion. C’est ainsi que la décision du 11 mai a été prise.

Désormais, à nous tous de nous montrer responsables : élus nationaux et locaux, fonctionnaires, chefs d’entreprise, commerçants, cadres, salariés, citoyens… Si le confinement procédait d’un choix unilatéral et contraignant imposé par les pouvoirs publics, derrière lequel toute la population s’est rangée sans trop regimber, le déconfinement va s’avérer plus difficile à mettre en œuvre. Il sera lent, progressif et la perspective d’une deuxième vague de contamination est dans toutes les têtes.

Certes, les autorités doivent mettre en œuvre toutes les « armes » nécessaires à sa réussite – masques, tests, mesures de distance sociale dans les lieux publics… -, mais c’est à chacun de prendre conscience de ces faits et gestes. La « sortie » de la crise sera collective, mais sa faisabilité reposera sur nos comportements individuels. L’exercice aura valeur de test : il en dira long sur la cohésion nationale.

L’équipe de l’ASFE

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