Le président de la République s’est exprimé. Le début d’une reprise d’activité en France est donc fixé au 11 mai prochain. Rien ne sera simple. Tous les acteurs de la vie de notre pays disposent de moins d’un mois pour se mettre en ordre de marche. Les autorités publiques vont avoir fort à faire pour que cette sortie du « tunnel » ne soit pas émaillée des ratés qui ont accompagné l’entrée en confinement. Pris de court par la pandémie, comme d’autres presque partout dans le monde, le gouvernement a dû faire face à une pénurie manifeste de masques, de tests, d’aspirateurs dans les services de réanimation. Ce constat mérite que notre nation se remette en question, mais certainement pas qu’elle se déchire en de vaines polémiques, car les responsabilités sont collectives. Qui en France avait pressenti une telle menace sanitaire ? Personne. Restons humbles et réalistes.

Emmanuel Macron, rompant avec le ton martial qui était le sien au commencement de la crise, a su adopter un ton juste. Il a justifié la période de confinement en montrant qu’elle ralentissait sensiblement la progression du virus. Il a expliqué les conditions nécessaires à remplir pour une reprise réussie, par étapes, de la vie en société. Il a tenté de rassurer tous les entrepreneurs et salariés inquiets pour leur avenir en leur disant que l’Etat serait à leurs côtés pour les aider.

Il est certain que le fameux modèle social français, issu de la deuxième guerre mondiale, très protecteur et pourtant si décrié ces dernières années – car coûteux -, sera un précieux atout dans cette circonstance. Outre les 300 milliards d’euros de garantie mis sur la table pour soulager les trésoreries et éviter les faillites, le gouvernement a déjà prévu de débloquer plus de 150 milliards d’euros pour financer tous les dispositifs exceptionnels de soutien : chômage partiel, annulation ou report de charges, aide directe aux familles les plus démunies, prime aux fonctionnaires mobilisés…

Ce plan massif est l’un des plus importants lancés sur la planète. Nos compatriotes vivant à l’étranger, auxquels le président de la République a rendu un juste et appuyé hommage, le savent mieux que quiconque. Il est des moments où l’on se dit qu’il fait bon vivre en France. Quand une crise surgit, les Français peuvent compter sur l’Etat-providence, lequel n’a pas que des défauts. Certes, la facture est salée – et il faudra bien la payer un jour – mais cette politique amortit les chocs brutaux et évite que notre pays ne se fracture davantage.

Bien sûr, un retour d’expérience sera nécessaire lorsque cette crise sanitaire sera derrière nous. Cette heure n’a pas sonné. Nul ne peut la prédire, même pas les épidémiologistes les plus avertis. Dans ce contexte, c’est aux dirigeants politiques de prendre les décisions qui s’imposent. Celles-ci doivent être guidées par le bon sens et la raison, hors de tout débat idéologique et passionné. Ainsi, s’installera la confiance. Or, pour traverser cet épisode, la France a besoin d’avoir confiance en elle…

L’équipe de l’ASFE