Homme-Femme : les inégalités persistent

Il est de tradition de célébrer, tous les 8 mars, la journée internationale de la femme. Celle de l’année 2020, conformément aux engagements des Nations unies, sera placée sous le signe de la promotion de l’égalité des sexes dans le monde.

Inutile de souligner qu’en dépit de certains progrès, tous ceux qui sont attachés à ce sujet s’accordent à reconnaître que la situation de la plupart des femmes et des filles dans le monde évolue extrêmement lentement. Aucun pays n’est en mesure, à ce jour, d’affirmer avoir atteint l’égalité des sexes. Les nombreux obstacles rencontrés, aussi bien sur le plan juridique que sur le plan culturel, demeurent.

Les femmes et les filles restent sous-évaluées. Elles travaillent plus et gagnent moins, avec des perspectives d’avenir plus limitées. Elles subissent des formes diverses de violence chez elles et dans les lieux publics. Tous les Français qui vivent à l’étranger, dans des pays où parfois la législation garantit la domination des hommes, en savent quelque chose. Le sort réservé à Asia Bibi, cette jeune chrétienne du Pakistan qui vient de demander l’asile à la France, doit nous faire réfléchir. Certes, sa condamnation à mort, puis à la prison dans son pays, était motivée par une accusation de « blasphème ». Mais sa condition de femme n’a pas arrangé sa cause dans une région où les femmes sont considérées comme quantité négligeable.

Même ailleurs, sous des gouvernements revendiquant l’égalité hommes-femmes, le constat n’est guère brillant. Les progrès en ce sens sont lents et la réalité m’oblige à dire que les usages en la matière sont souvent plus forts que les lois. Ainsi, en France, l’écart de rémunération reste important, de l’ordre de 25 %. Sinistre symbole, la seule femme qui dirigeait une entreprise du CAC 40, Mme Isabelle Kocher, à la tête du groupe Engie, vient d’être remerciée !

Un recul des avancées pour plus de justice entre les sexes, durement acquises ces dernières années, est aujourd’hui à craindre. Le populisme, la tentation du repli sur soi identitaire, le nationalisme qui sévissent un peu partout sur la planète ne plaident pas pour la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes. Les démagogues ont rarement le souci des équilibres sociaux.

Pour tout dire, cette égalité ne sera une réalité que lorsque la journée internationale de la femme, qui peut apparaître aux yeux de certains pour un gadget, n’existera plus. Le plus vite sera le mieux. Pour paraphraser Martin Luther King, « I have a dream… ». Le combat continue. Il est de tous les jours, de tous les instants, sous toutes les latitudes.

L’équipe de l’ASFE

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