ELECTIONS MUNICIPALES 2020 : QUELLES PARTICULARITES ?

Les 15 et 22 mars prochains, la France votera pour élire ses maires et conseillers municipaux. Ce scrutin, avec la présidentielle, reste celui où la participation est la plus élevée, même s’il n’est pas épargné, lui non plus, par une légère désaffection des électeurs. En hausse continue depuis le début des années 1980, l’abstention a atteint un niveau record, pour des municipales, en 2014 : elle a atteint 38,29 % des inscrits. L’un des enjeux de 2020 sera donc la poursuite ou l’inversion de ce cycle. A l’étranger, on en sait quelque chose. Lors des dernières élections consulaires, le taux de participation au niveau mondial n’a pas dépassé les 15%. Difficile de peser ensuite face au Gouvernement ! Il est donc essentiel que les Français de l’étranger se rendent aux urnes, électroniques (entre le 8 et le 13 mai 2020) ou physiques les 16 (Amériques) et 17 mai 2020 (reste du monde).

Toutes les études le montrent, si la défiance envers le personnel politique ne cesse de grandir dans notre pays, l’élu municipal – dont le conseiller consulaire est l’équivalent à l’étranger – reste populaire dans le cœur des Français. Plusieurs raisons expliquent, selon moi, cet attachement. D’abord, la proximité géographique rend le maire beaucoup plus « humain », accessible, que n’importe lequel des représentants du suffrage universel.

Ensuite, les sujets à l’ordre du jour sont, en principe, à la portée de tous et concernent tout le monde. Ils sont concrets, perceptibles et s’inscrivent dans la vie quotidienne des administrés.

Enfin, s’il est une élection où les étiquettes politiques et l’esprit partisan ont une moindre importance, c’est bien aux municipales. Seules les grandes villes échappent à cette donne. Et encore… Les élections de cette année risquent, à cet égard, d’être plus difficiles à interpréter qu’à l’ordinaire : la décomposition du paysage politique traditionnel depuis 2017, avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, n’est pas terminée ; elle s’est même peut-être accentuée avec le mouvement des Gilets jaunes ; la circulaire du gouvernement demandant aux préfets de ne plus relever les nuances partisanes dans les résultats des villes de moins de 9000 habitants ne devrait pas contribuer à apporter plus de clarté sur ce point.

J’entends, ici et là, quelques commentateurs dire que le verdict des urnes sera moins que jamais lisible cette année. Une dominante apparaît néanmoins dans les sondages sur les intentions de vote : le rejet des partis politiques traditionnels par un Français sur deux, et la montée des préoccupations écologiques qui apporterait la preuve que la défense de l’environnement exige aujourd’hui des réponses sérieuses de la part de ceux qui dirigent notre pays, quelle que soit le niveau de leurs responsabilités.

A l’occasion des élections municipales, j’ai pour coutume de dire que l’on entend battre le pouls de la France. Pour autant, c’est un rendez-vous démocratique dont les enseignements – y compris sur le vote des Français de l’étranger – ne doivent pas être surestimés. L’expérience l’a maintes fois démontré.

Jean-Pierre Bansard
Fondateur de l’ASFE

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