Accès de violence en France

Ces derniers jours ont été marqués, dans l’actualité française, par des accès de violence, constatés ici et là, qui me paraissent graves et inquiétants. Comme si notre pays vivait sous tension, électrisé par des sentiments mauvais. Un an après les « gilets jaunes », l’opposition à la réforme des retraites prend une tournure comparable.

Vendredi dernier, à Paris, des individus se sont introduits au siège de la CFDT, syndicat réformiste qui soutient le passage au régime à points des retraites et qui a accepté un compromis avec le pouvoir exécutif. Insultes et crachats sur des salariés du syndicat ont accompagné cette intrusion, à tel point que la CFDT a décidé de porter plainte. Le même jour, d’autres individus ont tenté de pénétrer dans un théâtre parisien où Emmanuel Macron passait une soirée privée. Le président de la République et son épouse ont dû être protégés pendant quelques minutes. Une enquête a, par ailleurs, été ouverte après un départ de feu, vraisemblablement criminel, dans une brasserie emblématique de Paris – La Rotonde – où le chef de l’Etat avait fêté sa qualification pour le second tour de la présidentielle, en 2017. Dans le même temps, le quartier de la gare de Lyon à Paris était mis à sac par des manifestants de tout poil.

Ces actes sont révélateurs d’un climat de haine vis-à-vis du président de la République, des institutions, de l’ordre républicain, qui ne doit pas laisser indifférent. Alors que nous commémorons cette semaine la mort sur l’échafaud de Louis XVI, il ne s’agit pas de procéder à des comparaisons hâtives entre 1793 et 2020, mais je remarque que peu de pays occidentaux sont en proie à la même fièvre « révolutionnaire ». De plus chacun en conviendra, les chaînes de télévision d’informations en continu, qui passent en boucle ces scènes désolantes, contribuent à donner une drôle d’image de notre pays ce qui peut nuire aux investissements. De l’étranger, quelle impression a-t-on de la France ?

Il revient, selon moi, aux élus, quelles que soient leur fonction et leur étiquette, de calmer les esprits et de convaincre les citoyens que seul le dialogue garantit la vie démocratique. Oui au débat d’idées, non à la société de combat.

Jean-Pierre Bansard

3 commentaires

  1. Je vis depuis 40 ans à Berlin et espérais retourner en France pour la retraite. Depuis la dernière campagne présidentielle, j’ai l’impression que ce pays se coupe du monde et se referme sur lui-même, se laissant submerger par l’ignorance et la haine. Il me semble que beaucoup de français, ceux tout au moins qui se font bruyamment entendre, ne sont toujours pas conscients de l’évolution du monde au delà de leurs frontières et semblent vivre dans un bocal. Certes, les événements qui se succèdent depuis plus d’un an maintenant n’incitent guère à séjourner ou d’investir dans ce pays! Je me pose aussi la question de savoir qui acceptera encore de diriger ce pays? L’image qu’il projette à l’étranger n’est vraiment pas flatteuse !

  2. tout à fait d’accord avec le correspondant ci-dessus! Pourquoi laisse-t-on ces syndicalistes minoritaires détruire notre patrimoine?
    N’ont-ils pas compris que nous allons (à brève échéance) devoir (par nos impôts ) remettre tout en état? Sans compter les pertes subies par les entreprises publiques et privées. Je crois que nous avons affaire à une catégorie de gens qui se laissent entrainés par des dirigeants syndicalistes d’un niveau très au dessus de la moyenne. Pauvre France!

  3. Quand je vois un projet de réforme des retraites dont des éléments de base convergent vers le système des AFPs au Chili (capitalisation, plafond de cotisation, etc.), il me semble normal que les réactions en France aillent de pair avec celles des chiliens qui, eux, vivent ce système depuis les années 80.
    BlackRock l’a dit et écrit dans son rapport : les français épargnent trop et drainer cette épargne est le fondement ce la réforme Macron comme elle l’a été pour celle de José Piñera, même que Pinochet n’y était pas favorable !
    J’ai toujours cette question :” pour qui roule Macron ?”. De rien à Président, il n’a pas fait le chemin seul et cela se paye, un jour, surtout si on veut être réélu au lieu d’être démoli comme l’a été Fillon.

    La CFDT : j’en ai été membre. Un syndicat de “compromis” dont les responsables que je connaissais ont très bien fini …
    Vous écrivez ” seul le dialogue garantit la vie démocratique”. Quel dialogue ? Avec qui ? Nous ne sommes pas gouvernés par des politiques mais par des technocrates qui ont le nez sur leur calculette au lieu de regarder les gens, ceux qu’on appelle “le peuple” et dont ils ne savent rien. M. Macron me parait ressembler de plus en plus à son ami M. Piñera (invité surprise au G7 de Biarritz) dont on a au moins l’avantage de savoir pour qui il roule, à commencer par lui 🙂

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