Cette nouvelle année commence comme la précédente s’était terminée. Dans le paysage international, les tensions sont fortes, signes d’un monde à la recherche de nouveaux équilibres après 70 ans de multilatéralisme. Les intérêts nationaux et identitaires dictent de plus en plus les politiques étrangères. Il faudra s’y faire… Sur la scène intérieure, la réforme de nos régimes de retraite donne lieu à un bras de fer, d’une longueur historique sous la Vème République, entre le gouvernement et les syndicats. Preuve qu’il n’est jamais facile, pour aucune majorité, d’introduire des changements dans notre beau pays.

Notre beau pays : j’utilise l’expression à dessein et je suis sûr que celle-ci résonne agréablement aux oreilles de tous nos compatriotes vivant à l’étranger. Oui, la France est une belle nation ! Quand on la regarde, on se désole parfois un peu… Mais quand on la compare, on a toutes les raisons de souvent l’admirer tant elle compte de qualités, d’originalités, de singularités.

Quel pays au monde peut se prévaloir d’autant de facilités mis à la disposition de son peuple. En dépit des critiques régulières qui sont formulées, les Français profitent d’un système scolaire ouvert à tous, d’une offre médicale parmi les meilleures au monde, d’un réseau de transports publics exceptionnel – quand il n’est pas en grève ! –, d’une fonction publique prestigieuse et d’une stabilité institutionnelle qui rassure. Certes, la pression fiscale y est forte, l’une des plus élevées de l’OCDE, mais notre modèle social très protecteur, mis au point en 1945 et que bon nombre de peuples nous envient, a nécessairement un prix.

Chacun en convient : ce modèle, il faut le préserver pour continuer à en profiter et assurer ainsi la cohésion nationale. L’expérience a montré que lorsqu’une crise mondiale surgit, comme celle de 2008, la France résiste plutôt mieux que les grands pays occidentaux. Elle ne laisse personne, ou presque, sur le bord de la route.

En cet an neuf, et au-delà des turbulences qui peuvent bousculer notre société, je souhaite que chacun, qu’il habite en métropole, en outre-mer ou qu’il réside à l’étranger, ait conscience de la chance qu’il a d’être un enfant de France. Chacun doit être fier de son pays. Un sentiment insuffisamment partagé, mais qui doit nous donner confiance en l’avenir, pour aborder 2020 de la meilleure des façons. C’est avec cette fierté chevillée au corps que je vous souhaite à tous une excellente nouvelle année.

 

Jean-Pierre Bansard