Après un recompte des votes du second tour de l’élection présidentielle en Uruguay, c’est le candidat de centre droit, Luis Lacalle Pou, qui dirigera le pays. C’est un changement majeur pour l’Uruguay, à gauche depuis quinze ans. Lacalle Pou a fait de la lutte contre la criminalité une des ses priorités, répondant ainsi aux exigences des électeurs dans un pays pourtant réputé pour être un des plus sûrs d’Amérique latine, mais où les homicides auraient augmenté de 45 % entre 2017 et 2018.

A la suite de cette présidentielle à suspens, nous nous sommes entretenus avec Martin Biurrun – conseiller consulaire en Uruguay – pour en savoir davantage sur ce changement politique majeur.

Pouvez-nous rappeler le contexte actuel en Uruguay ?

L’Uruguay est sans doute la démocratie la plus stable de l’Amérique Latine. Un pays où il n’y a presque pas de manifestations dans les rues et où le processus électoral s’est déroulé normalement.

Comment Luis Lacalle Pou a-t-il pu convaincre la population de voter pour lui ?

Luis Lacalle Pou a réussi à rassembler l’opposition, après 15 ans de gouvernement de gauche. Un grand rassemblement du centre et de la droite au second tour de l’élection présidentielle: Le Partido Nacional (centre droit), Partido Colorado (centre droit), Cabildo Abierto (droite), Partido Independiente (centre gauche) et Partido de la Gente (droite).

Cela lui a permis d’obtenir la majorité parlementaire. En Uruguay, la présidentielle, les sénatoriales et les législatives sont le même jour et les électeurs votent sur le même bulletin de vote pour le Président, les Sénateurs et les Députés.

D’autre part, Lacalle Pou est resté tout au long de sa campagne électorale près du peuple. Il prend systématiquement des selfie avec chacun des sympathisants dans les meetings de campagne (200, 500 ou 1000 personnes rassemblés dans le même endroit).

Comment la population a réagi face à la « presque » défaite du candidat opposant issu du Frente Amplio (Front élargi), Daniel Martinez ?

Celui-ci n’a reconnu sa défaite sur Twitter que 4 jours après le scrutin du 24 novembre.D’habitude, le candidat perdant reconnaît sa défaite le soir même sur la base de projections des résultats préliminaires. Mais cette année ce fut une année atypique, une différence de moins de 30 mille voix de a contraint la population et les politiques à attendre le résultat définitif de la Cour électorale. Tout le monde regardait alors le processus avec attention. Surtout en ce moment, à cause des problèmes majeurs de déstabilisation la région latino-américaine, où le Chili, la Bolivie et le Venezuela connaissent des crises politiques importantes. Mais les Uruguayens sont restés calmes, ils savent que les 9 membres de la Cour (4 du gouvernement, 4 de l’opposition et 1 neutre) assurent de façon claire la transparence de l’élection.

Avez-vous autre chose à ajouter ?

Les grands défis du gouvernement Lacalle Pou seront le déficit, l’emploi, la sécurité et l’enseignement.