Cohésion nationale

 

Si la première partie du quinquennat d’Emmanuel Macron a été placée sous le signe des réformes économiques (ISF, droit du travail, fiscalité du capital, apprentissage…), la seconde pourrait être davantage tournée vers les sujets régaliens. Hormis le dossier des retraites, qui s’annonce délicat, la lutte contre l’insécurité, l’immigration clandestine et le communautarisme est plus que jamais à l’ordre du jour. Autant de thèmes, par ailleurs, qui sont rattrapés par les débats qui agitent la sphère politico-médiatique. Chacun a pu le constater récemment avec la nouvelle polémique née du port du voile par une mère de famille accompagnant la classe de son fils au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté.

Le déplacement, cette semaine, du chef de l’Etat à Mayotte, département exposé à une très forte immigration clandestine en provenance des Comores, et à la Réunion, où 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, proportion qui favorise l’insécurité, s’inscrit bien sûr dans la volonté présidentielle d’imposer son autorité régalienne.
Il est sage qu’Emmanuel Macron s’inquiète de la cohésion nationale que certains voudraient voir mise à mal. Depuis des dizaines d’années, les actes ne suivent pas les discours sur ce terrain. Cela fait le jeu des démagogues et contribue à fissurer la confiance que les Français ont en leurs représentants. Une récente étude de la Fondapol, cercle de réflexion politique, montre que trois électeurs sur quatre seraient prêts, en 2022, a opté pour un vote anti système en choisissant l’extrême droite ou l’extrême gauche, le vote blanc ou l’abstention. Si tel était le cas, c’est l’avenir de notre démocratie qui serait en danger. Il faut impérativement que notre pays retrouve le chemin de l’apaisement avec des solutions à la hauteur des défis posés.

Face à l’insécurité, c’est la non-exécution des peines prononcées par la justice qui rend notre système défaillant : nombre de policiers et de gendarmes se plaignent d’arrêter des individus qu’ils recroisent peu après, libres comme l’air. Contre le communautarisme, notre pays, à commencer par ses élus, doit sans cesse rappeler ses principes républicains qui ne peuvent être négociables. Emmanuel Macron doit-il à cette fin prononcer un grand discours par rappeler les fondements de notre laïcité ? Certains le souhaitent. J’y suis également favorable mais à condition que ce soit, pour lui, l’occasion d’afficher sa fermeté.

La France est une et indivisible, elle doit le rester. Et je sais que, vous tous, expatriés à l’étranger y êtes particulièrement attachés. Vous êtes les premiers ambassadeurs de sa grandeur et les meilleurs promoteurs du rayonnement de ses valeurs dans le monde.

 

Jean-Pierre Bansard

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