Une nouvelle fois, la France a été frappée la semaine dernière par une attaque terroriste. Depuis sept ans et les meurtres commis dans la région de Toulouse par Mohammed Merah en 2012, notre pays est la cible d’attentats islamistes qui tuent et qui répandent la peur au sein de la population. Tous les Français sont visés, quels que soient leurs profils, preuve que l’objectif des assaillants est bien de faire vaciller notre nation.
Je ne souhaite pas revenir sur la polémique qui entoure les déclarations initiales du ministre de l’Intérieur, laquelle me paraît accessoire par rapport à la gravité et à la répétition des actes commis au nom d’une religion dévoyée. Certes, Christophe Castaner aurait pu se montrer plus prudent en présentant les faits et en décrivant leur auteur. La saisine du parquet antiterroriste aurait dû être immédiate. Le pouvoir ne perdait rien à revenir en arrière s’il ne s’était agi que d’un fait divers. En tardant à qualifier la tragédie, dont les premiers indices menaient tout droit au terrorisme, il a alimenté la thèse bien connu du « on ne nous dit rien, on nous cache tout ». Rien n’est plus dangereux pour le maintien de l’ordre public et de la cohésion nationale que d’entretenir le doute.
Au-delà, cette attaque, qui a coûté la vie à quatre fonctionnaires, révèle que la menace islamiste s’immisce dans tous les replis de la société. Y compris là où on l’attend le moins, au cœur de notre dispositif policier, précisément en charge de notre protection. Comment l’assassin, connu de tous ses collègues, en fonction dans un service de renseignements ultra-sensible, a pu passer entre les mailles du filet ? Il est évident que les procédures de contrôle des agents publics travaillant dans le secteur de la sécurité, mais aussi de tous ceux qui sont au contact du public (chauffeurs de bus, conducteurs de train, et peut-être aussi les enseignants et encadrants péri scolaires) doivent être corrigées et resserrées. Le danger n’est pas seulement exogène, il vient aussi de « chez nous ». Manuel Valls n’avait pas tort quand, alors premier ministre, il pointait du doigt les « ennemis de l’intérieur ».
Le combat contre la violence islamiste – qu’il convient de ne pas confondre avec l’islam, comme certains en ont la facile tentation – sera long, très long. Il est de tous les instants et s’affranchit de toutes les frontières. J’invite donc les Français vivant à l’étranger à rester vigilants car ils savent, mieux que personne, je le sais, qu’ils ne sont pas plus à l’abri de la folie djihadiste que les « Français de France ». Ne cédons pas à la panique ni à la psychose, mais soyons solidaires les uns des autres en gardant la tête haute, sans jamais cacher notre fierté d’être ce que nous sommes : les habitants et représentants d’un pays grand et libre…
Jean-Pierre Bansard
Président de l’ASFE