Les Etats-Unis viennent de remporter la Coupe du monde de football féminin. Ce statut de championnes du monde, qui s’ajoute à une palette de titres internationaux raflés, ont prouvé que les Américaines dominent le “soccer” (football). Comment ont-elles imposé leur hégémonie dans cette discipline ? 

 

L’épopée d’une victoire époustouflante 

 

D’abord, les Néerlandaises auront le mérite d’avoir réalisé une modeste victoire: empêcher leur adversaire d’inscrire un but en moins de douze minutes. La finale aura été l’exception, puisque les Américaines ont dû attendre l’heure de jeu pour prendre l’avantage. A la 62e minute, la star Alex Morgan s’est écroulée dans la surface de réparation et a obtenu un penalty.  Megan Rapinoe, autre pépite de l’équipe, a fait rentrer le but dans les cages néerlandaises sans flancher. Et huit minutes plus tard, c’est la jeune Rose Lavelle qui a définitivement plongée les Pays-Bas dans la crispation en inscrivant un deuxième but. 

 

D’où vient l’aisance des Etats-Unis en football ? 

 

Une déclaration de Mark Parsons, l’entraîneur de Portland, résume la raison d’un tel succès : “Ce qui frappe le plus, c’est la masse impressionnante de femmes qui jouent aux États-Unis dès le plus jeune âge à travers tout le pays”.

 

Effectivement, l’un des facteurs de cette réussite provient de la loi  “Title IX” promulguée en 1972 qui réforme le système universitaire. Celle-ci oblige les universités à créer des programmes sportifs dédiés exclusivement aux étudiantes. Pour Amanda Suffy, la présidente de la NWSL (Ligue pro féminine aux USA), le “+ Title IX” a généré un environnement sportif compétitif. D’où la construction d’un niveau national de prestige. 

Cette loi a en effet creusé l’écart en termes de pratiquantes entre les Etats-Unis et des pays d’Europe comme la France. Par exemple, en 2006, on comptait 1.7 millions de licenciées aux Etats-Unis pour seulement 170 000 en France. En initiant les jeunes filles au soccer dès l’enfance et en professionnalisant l’expérience dès l’université, les Etats-Unis se sont assuré de ne jamais manquer de joueuses. 

 

 

D’autres affirment que les garçons en s’étant tourné vers le football américain et le basket, n’ont laissé que le soccer aux filles pour briller. En effet, les Etats-Unis ont décidé de délaisser ce sport par soucis de distance avec la culture britannique.

 

En outre, Marie-Cécile, directrice du think tank européen Sport et Citoyenneté  affirme qu’il est rangé au même titre que la danse ou le patinage artistique. Selon ses dires, cet ensemble de sports est la cible de stéréotypes lié au genre

 

 

Le “soccer américain” impose sa supériorité aux autres nations

 

Andrei Markovits a souligné dans une interview le retard historique des européennes au football. Par exemple, les femmes ont dû attendre 1970 avant d’avoir le droit de jouer sur un terrain officiel en Allemagne. Ainsi, selon une enquête de la Fifa publiée en 2014, sur les 30,1 millions footballeuses dans le monde, près de la moitié, soit 15,9 millions, se trouvent aux Etats-Unis et au Canada. De plus, parmi elles, 2,3 millions sont inscrites dans des clubs ou des associations, contre 4,8 millions dans le reste du monde.

 

 

En soccer, aucun doute que la supériorité des américaines sur leurs congénères

 

Pour les Etats-Unis, le meilleur résultat obtenu par les hommes a été une qualification en quart de finale lors des mondiaux en 2002. Notons également qu’ils ont été absents de la dernière coupe du monde masculine en Russie en 2018. Alors que les femmes ont cumulé quatre titres de championnes du monde (1991, 1999, 2015, 2019).

 

L’émergence rapide du football féminin aux Etats-Unis n’a pas d’équivalence sur la scène internationale. 

 

 

Sources

Huffington Post (ici)

20 minutes (ici

RTL (ici