Les préoccupations environnementales du XXIe siècle ont mené les chercheurs à étudier l’impact carbone issu des activités pour le secteur de l’alimentation, du transport, du bâtiment et de l’énergie. Mais pour limiter les gaz à effet de serre, il faut un effort global de tous ces domaines. Découvrez avec nous pourquoi l’industrie pharmaceutique est une source de pollution.

 

Depuis 2012, seules 15 entreprises pharmaceutiques ont publié leurs émissions de CO2. Selon les experts, les enquêtes effectuées dans ce domaine manquent de représentativité à cause du manque de données.

 

 

 

Des chiffres révélateurs selon l’investigation de Lotfi Belkhir

Le professeur canadien de Mcmaster, Lotfi Belkhir, a élaboré des analyses en fonction des données des 15 grandes sociétés. Les émissions de carbone représentent 48,55 tonnes équivalent CO2 (eCO2) par million de dollars (M$). Soit 55 % de plus que pour l’industrie automobile (31,4 tonnes). En élargissant la donnée à toute l’industrie pharmaceutique, les émissions totales s’élèvent à 52 millions de tonnes eCO2. Toutefois, le chercheur canadien signale un paradoxe au sujet de l’industrie pharmaceutique. Elle est 28% moins importante que le secteur automobile dans l’économie, mais elle reste 13 % plus polluante.

Dans le même temps, il faut souligner que la taille de l’entreprise détermine l’émission de CO2. Par exemple, le groupe Bayer-Monsanto reste le plus mauvais élève. Il a déclaré 9,7 mégatonnes de CO2e pour des revenus de 51,4 milliards de dollars américains. Le niveau d’intensité d’émissions est quatre fois supérieur à l’ensemble du secteur pharmaceutique.

 

Quelles conséquences pour l’environnement ?

L’impact écologique dévastateur de l’industrie pharmaceutique n’est pas à négliger. En Inde, on reporte qu’une grande partie des eaux souterraines et potables ont été polluées par les eaux usées des fabricants.

En analysant l’eau de 72 fleuves, on a réalisé que 65% d’entre eux contenaient des antibiotiques d’une concentration 300 fois supérieure à la normale.

Cependant, une étude portant sur le service de santé américain est encore plus alarmante. Celui-ci serait à l’origine de 12% des pluies d’acides, 10 % des émissions de gaz à effet de serre. Et aussi 9 % de la pollution atmosphérique, plus 1% des gaz destructeurs de la couche d’ozone.

Olivier Toma, fondateur de Primum Non Nocere (Agence experte de responsabilité sociétale) , souligne que “l’effet cocktail” n’est pas à occulter. Il l’explique que: « Contrairement aux idées reçues, les stations d’épuration ne détruisent pas les résidus médicamenteux et l’eau que nous buvons est donc polluée par ces résidus ».

Néanmoins, les chiffres émis par la laboratoire Pfizer permettent d’atténuer ces données affligeantes. Entre 2010-2015, les émissions de gaz à effet de serre ont été réduites de 24 %, la production de déchets de 5,5 %,et la consommation de 25 %.

Qu’en est-il des accords de Paris?

Selon le professeur Lotfi, les accords de Paris seront respectés si les acteurs de ces secteurs diminuent leurs émissions de 59% d’ici 2025. Il faut noter que la précédente observation admet que cet objectif est réalisable. Puisque même le groupe Roche est parvenu à réduire de 18.7% ses émissions tout en élevant son chiffre d’affaire de 27.2% entre 2012 et 2015.

Finalement, le secteur pharmaceutique se doit de restructurer ses chaînes d’approvisionnement ainsi que ses réseaux de distribution afin de parvenir à respecter ses objectifs en termes de réduction d’émissions de CO2.

Sources:
Futura Sciences (ici)
The Conversation (ici)