Le plastique, majeure source de pollution

Près de 300 millions de tonnes de plastique sont produites par an dans le monde entier. D’après les scientifiques, il y aurait 5 000 milliards de pièces de plastique flottant dans les océans. Ces déchets représentent 70% des déchets marins. Selon le rapport de l’ONG WWF sur les déchets plastiques, 600 000 tonnes de résidus plastiques sont rejetés chaque année en Méditerranée par 22 pays. Dans ce cadre, la France rejette près de 80 000 tonnes.

Ainsi, il s’agit majoritairement de plastiques à usage unique : sacs, pailles, couverts, assiettes, cotons-tiges, touillettes à café, récipients alimentaires, gobelets, emballages alimentaires, etc. Cette pollution cause des dommages économiques et environnementaux catastrophiques. C’est pourquoi,  plusieurs pays essaient d’enrayer ces effets et adopter des nouveaux comportements plus respectueux de l’environnement.

Quels sont les pays qui interdisent le plastique ?

C’est un problème mondial demandant des mesures internationales. Cependant, ce type d’accord semble complexe à mettre en place. Par exemple, en mars dernier, la communauté internationale n’est pas parvenue à trouver un accord concernant un calendrier de suppression progressive des plastiques à usage unique. Chaque Etats s’efforce d’agir en matière de lutte contre le plastique à l’échelle nationale.

A l’international 

En 2002, le Bangladesh a été le premier pays à interdire les sacs plastiques. Une dizaine de pays se sont insérer dans cette démarche. En 2017, le Costa Rica a été le premier pays à interdire l’ensemble du plastique à usage unique. Dans cette zone, d’autres pays insulaires ont suivi des chemins similaires : Haïti, Trinidad-et-Tobago, Sainte-Lucie, Guyana, les Bahamas, îles Marshall, Antigua-et-Barbuda. Récemment, la Tanzanie a interdit l’utilisation et la production des sacs en plastique en devenant le 34ème pays africain à emprunter ce chemin. D’autres Etats, comme le Belize, l’Inde, Grenade, s’apprêtent à mettre en place des dispositifs contre le plastique. Il faut souligner que certains pays n’ont aucune réglementation nationale pour les sacs plastiques comme l’Australie, le Canada ou encore les Etats-Unis.

En Europe

En mars, le Parlement européen a légiféré pour la fin des produits en plastique à usage unique au sein des pays membres de l’Union européenne à partir de 2021.

A l’échelle nationale, les pays européens légifèrent pour lutter contre le plastique. Par exemple, l’Ecosse a interdit les pailles. Tandis que l’Italie a interdit les cotons-tiges non biodégradables et les cosmétiques contenant des microplastiques. D’autres Etats, comme le Royaume-Uni, s’apprêtent à mettre en place des dispositifs contre le plastique.

En France, le gouvernement souhaite rompre avec le gaspillage avec les lois Energie-Climat et Mobilités. A présent, il s’agit de créer un nouveau modèle de consommation afin de remplacer le modèle linéaire actuel. Ainsi, le gouvernement va proposer un projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, en faveur la transition écologique, pour la rentrée de septembre. Un des objets de ce projet est de mettre en place une politique efficace sur le traitement des déchets, dont le plastique – voir ici.

Bien que des décisions aient déjà été prises pour la suppression des produits à usage unique les plus néfastes, l’Etat souhaite aller plus loin. C’est pourquoi, Edouard Philippe, Premier ministre, a annoncé que « tous les produits en plastique jetable seront bannis de l’administration à compter de l’année prochaine ». Il s’agit d’une volonté de s’engager dans le 100% de plastiques recyclés. Par ailleurs, les collectivités participeront à une grande concertation dans les prochains jours. L’objectif est d’étudier une mise en place d’une consigne sur certains emballages. Et si elles le souhaitent, les collectivités d’Outre-Mer pourront devenir des territoires-pilotes – voir ici.

Ainsi, la politique anti-gaspillage aura la possibilité d’imposer l’incorporation de plastiques recyclés dans toutes les bouteilles en plastique à usage unique. D’ailleurs, certains parlementaires désirent aller plus loin en ce qui concerne la suppression du plastique à usage unique. C’est pourquoi, un amendement de la loi EGA avait pour objet d’étendre cette obligation à toutes les boîtes plastiques. Cependant, n’a pas été retenu par le Gouvernement par peur de déstabiliser les industries tricolores.