Un projet en phase d’expérimentation

2 000 jeunes expérimentent dans 13 départements français le Service national universel (SNU) depuis le 17 juin. Ils permettront d’affiner la méthode avant que le SNU soit étendu à 40 000 jeunes en 2020, puis 800 000 par an ensuite. 

Ce projet a été porté par Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education et de la Jeunesse. Selon les estimations, le SNU devrait coûter 2.000 euros par jeune durant la phase-pilote. Soit 4 millions d’euros pour l’année 2019. À partir de 2020, le dispositif pourrait coûter autour de 1,5 milliard d’euros, estime t-il.

Un premier encadrement  fragile

Les symboles mis en avant pour la promotion de la phase expérimentale sont multiples : port de l’uniforme, levée des couleurs, salut au drapeau, Marseillaise. Mais le contenu du projet au delà de la promesse de campagne a fait polémique et a été jugé insuffisant.  Surtout en raison du manque de temps dédié à la réalisation du service. Le SNU comporte deux phases obligatoires pour les jeunes de 16 à 18 ans. D’abord, quinze jours de «cohésion» de modules collectifs et activités pratiques, suivis de quinze jours de mission d’intérêt général auprès d’organismes ou associations. Rien que l’encadrement et la prise en charge des mineurs ont soulevé quelques doutes puisque 26 jeunes ont effectué des malaises lors d’une cérémonie à Evreux dès le premier jour de lancement du dispositif.

 

Parallèlement à ces modules de découvertes plus que d’enseignements, une initiation au code de la route devrait avoir lieu lors des 15 jours en internat. Les jeunes auront également accès à une plateforme d’entraînement au passage de cet examen théorique et se verront offrir le droit d’un passage à l’issue de la phase obligatoire du SNU. Pour la conduite, le gouvernement réfléchit à proposer l’examen pratique aux jeunes qui suivent la phase facultative du SNU, à partir de 18 ans, et qui dure de 3 à 12 mois, a-t-on précisé au ministère, mais l’hypothèse était “pas encore arbitrée” il y a quelques mois.

La promotion d’un projet ambitieux

 Gabriel Attal a revêtu l’uniforme, dormi dans les centres et petit-déjeuné en compagnie des jeunes. Même l’équipe du rappeur Booba a été démarchée par son cabinet pour tourner une vidéo promotionnelle  : force est de constater que le plan de communication du Gouvernement autour du SNU est rudement soigné. A la fin des deux semaines, une chaîne privée devrait diffuser deux reportages, après avoir suivi six jeunes pendant leur SNU dont trois dits “ambassadeurs”, triés sur le volet.

 

Mercredi, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’une «montée en puissance ambitieuse» du SNU, afin de le généraliser au plus vite. Gabriel Attal présentera un premier bilan fin juin avant de soumettre un calendrier et des propositions au gouvernement.

 

Dès l’année dernière, Evelyne Renaud Garabédian avait, à plusieurs reprises, interpellé le Gouvernement sur la mise en place du SNU pour les jeunes Français résidants à l’étranger et ses modalités. A cette question, la réponse semble toujours en suspens et imprécise.

 

 

 

SOURCES :

Libération (voir ici)

Les Echos (voir ici)

Site officiel du gouvernement s’adressant à la Jeunesse (voir ici)

Site du Ministère de l’Education nationale (voir ici)

Site officiel du gouvernement (voir ici)