La grande réforme du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, relative aux enseignements dispensés dans les classes de Première et Terminale ainsi qu’aux épreuves du baccalauréat entrera en application pour 2021. La question s’est largement posée chez les acteurs de l’éducation : pourquoi changer le système ? Selon le ministre, le taux de réussite au baccalauréat général et technologique (environ 90 %) ne devrait pas masquer une autre réalité : « 61% des étudiants ne parviennent pas au terme des études ».

Les prémisses de cette réforme se trouvent dans les conclusions d’une mission de réflexion sur l’avenir du baccalauréat à une équipe conduite par Pierre Mathiot, ancien directeur de l’institut d’études politiques (IEP) de Lille. À l’issue des consultations menées, Pierre Mathiot a remis son rapport “Un nouveau baccalauréat pour construire le lycée des possibles” le 24 janvier 2018.

Contexte actuel

L undi 17 juin 2019, jour de la première épreuve du baccalauréat, les enseignants se sont réunis symboliquement à Paris. Ils étaient plus de 1.000, selon les organisateurs à répondre à l’appel du SNES (syndicat national des enseignants de second degré) et d’autres syndicats (CGT éducation, Sud éducation, SNUEP…). Ces grèves font suite à des nombreuses manifestations qui avaient débuté en avril dernier en réponse au projet de loi pour une école de la confiance. Aujourd’hui la réforme a été globalement acceptée e les grèves prévues durant les épreuves du bac ont été peu suivies.

Vers un changement

La fin des séries L, S et ES
Les séries littéraire (L) économique et sociale (ES) et scientifique (S) du bac général seront supprimées et remplacées par un parcours organisé par modules. Les élèves suivront un tronc commun de disciplines et des enseignements de spécialisation, dont
– deux disciplines “majeures”
deux disciplines « mineures ».

Le tronc commun

Le tronc commun d’enseignement est constitué de matières qui seront partagés par tous les élèves (en Première et en Terminale) représentant un volume horaire de 16h par semaine en Première et 15h30 en Terminale. Il s’agit du Français, de l’Histoire-géographie, de l’ « EMC » (enseignement moral et civique), d’une LV1 et LV2, de l’éducation sportive, des humanités numériques et scientifiques et de la philosophie (en classe de terminale)

Les 12 enseignements de spécialités

Le choix des spécialités se fera à la fin de la seconde. Il est fondamental de bien choisir ses spécialités en seconde pour ne pas se fermer aucune portes de sorties lors de l’obtention du diplôme du baccalauréat à l’issu de la Terminale.
En première, les élèves auront l’obligation de choisir trois spécialités. Elles seront réduites à deux en terminale. Les élèves ont le choix entre Arts, écologie, agronomie et territoires, histoire géographie, géopolitique et sciences politiques, humanités, littérature et philosophie, langues et littératures étrangères, mathématiques, numérique et sciences informatiques, SVT (sciences de la vie et de la terre, sciences de l’ingénieur, sciences économiques et sociales et physique-chimie.

Retrouvez tous les coefficients des matières ici

 

Le contrôle continu prend une place importante

Le baccalauréat 2021 se déroulera désormais lors:
d’un contrôle continu (40%)
d’épreuves finales (60%)
et d’un grand oral en terminal

Le bac devra donc être validé par un total de six épreuves et d’un oral: les deux épreuves écrites portant sur les enseignements de spécialité auront lieu au printemps. En juin se dérouleront- les deux épreuves finales- l’écrit de philosophie et l’oral préparé au long des années de première et terminale.

L’épreuve anticipée écrite et orale de français se déroulera comme aujourd’hui en fin de Première.

Des nouveautés dès la seconde en 2018

Afin d’accompagner au mieux les élèves dans leur parcours, un test de positionnement a été mis en place comprenant deux séances de 50 minutes chacune (en français et en mathématiques). L’objectif est d’identifier les acquis et les lacunes des élèves, afin “d’ajuster l’accompagnement personnalisé de chaque élève. ». A la suite du test, si besoin, l’étudiant aura droit à deux heures hebdomadaires afin de combler ses lacunes en mathématiques et en expression écrite et orale.
Enfin 54 heures d’aide à l’orientation seront proposées aux étudiants au cours de l’année pour les aider préparer le choix des enseignements de spécialité.

4 principes inchangés

Le bac est obtenu à partir d’une moyenne générale de 10/20
Il n’existe pas de note éliminatoire ou de note plancher
Le système actuel de compensation et de mentions est maintenu
L’oral de rattrapage est maintenu en tant que seconde chance

Axe Français de l’étranger

Cette semaine, le sénateur Evelyne Renaud-Garabedian a interpellé Jean-Yves Le Drian sur les difficultés d’organisation rencontrées par les établissements scolaires français à l’étranger pour mettre en place la réforme des lycées à la prochaine rentrée scolaire. Le nouveau dispositif d’orientation prévoit en effet que les élèves de seconde puissent choisir trois spécialités parmi douze alors que nombre de lycées à l’étranger, ne possèdent souvent ni les ressources humaines, ni matérielles pour proposer aux élèves un éventail aussi large de matières de spécialité.
Le sénateur aimerait ainsi savoir si des mesures d’aménagement de cette réforme ont été prévues pour offrir aux élèves les mêmes possibilités d’accès aux savoirs et savoir-faire qu’en France et plus particulièrement si des fonds seront mis en place pour permettre l’élargissement des offres éducatives des lycées Français à l’étranger. Sans oublier que certains enseignants de certaines spécialités – moins courues par les élèves –  devront faire face à une baisse significative de leur emploi du temps. (voir la question écrite ici).

Pour plus d’informations :

Article Le monde ici