Pour commémorer les 79 ans de l’appel du 18 juin 1940, le Président de la République se rend aujourd’hui au Mont Valérien, à Suresnes, où une crypte a été érigée après la mort de 1008 résistants exécutés par les nazis. Charles de Gaulle a inauguré le monument en souvenir de la France combattante le 18 juin 1960, forteresse construite dès 1948 : 16 corps de morts pour la France y sont inhumés et un caveau est vide; le numéro 9 destiné au dernier compagnon de la Libération. Il en reste 4 dont Daniel Cordier et Pierre Simonet, témoins du dernier appel, lesquels continuent à faire en sorte que la flamme de la résistance ne s’éteigne pas.
Tournant historique 
Ce jour commémore un tournant dans la résistance française, l’appel à poursuivre le combat, à prendre les armes et à rejoindre les forces de la France libre partout où la guerre continue. « Rien n’est perdu pour la France car la France n’est pas seule… La fin de la bataille de France ne signifie pas la fin de la guerre », y déclare de Gaulle le lendemain d’un discours du maréchal Pétain, annonçant son intention de réclamer aux forces d’invasion allemandes l’armistice.
Un appel peu entendu 
L’appel du 18 juin a été peu entendu en direct par les Français à cause du brouillage, l’heure tardive, la débâcle. Charles de Gaulle alors âgé de 49 ans était inconnu ; les Français comme les soldats n’étaient pas nécessairement branchés sur la BBC à 18h30. Quelques journaux de la presse régionale reprendront le discours le lendemain.
En prenant la parole sur les ondes avec le consentement de Winston Churchill, le général de Gaulle signait un texte fondateur : de la résistance, de la France libre, de la France qui va continuer le combat. Cet Appel du 18 juin, refus de la défaite, fait depuis 2006 l’objet d’une journée nationale de commémoration. Emmanuel Macron l’a mise au premier plan après son élection : il a exalté l’esprit de résistance deux ans plus tôt.
De ce discours rassembleur et d’une indéniable portée sur le cours des évènements qui suivirent, il ne reste cependant aucune trace sonore. Seul un autre discours, semblable, prononcé quatre jours plus tard le 22 juin a été enregistré.
Destiné aux militaires 
De surcroît, contrairement aux idées reçues, De Gaulle n’appelait les patriotes à résister sur le sol français, mais s’adressait aux militaires : “Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.” “La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre”, conclut-il.
Winston Churchill, qui a autorisé de Gaulle à prendre le micro de la BBC, a aussi prononcé un discours ce jour-là, deux heures avant, dans lequel il appelait son peuple à résister et annonçait que “la bataille d’Angleterre est sur le point de commencer”.
Parmi les rares à réagir immédiatement au discours du Général, 75 marins de l’Ile de Sein qui partent dès le 19 juin. L’effet est certes limité sur le court terme mais marque un tournant dans la légitimité de la France Libre, résistante.
SOURCES :
Texte intégral de l’Appel
Fondation Charles de Gaulle (article ici et vidéo)
Europe 1(voir ici)