Deux ans après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, Edouard Philippe vient de lancer l’acte II du quinquennat. Alors que la fonction de Premier ministre est parfois remise en question, je note un retour à l’esprit des institutions de la Vème République tel qu’il avait été insufflé par le Général de Gaulle. Le 25 avril dernier, en clôture du grand débat, le président de la République avait fixé le cap qu’il entendait suivre pour la suite de son mandat. Cette semaine, dans son discours de politique générale, le locataire de Matignon en a donné les modalités d’application, en fixant un agenda de réformes. Personnellement, j’apprécie cet ordre des choses.

Sur le fond, comme il fallait s’y attendre, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont tiré les enseignements de deux événements récents. D’abord des élections européennes qui ont vu une poussée du vote écologiste, notamment chez les jeunes. La protection de l’environnement et, au-delà, de la santé des Français (lutte contre le tabac, l’alcool, la mauvaise alimentation) est l’objet d’une batterie de mesures. Celles-ci correspondent, somme toute, aux demandes de l’époque : il convient donc d’y répondre. Mais une chose est de les annoncer, une autre est de les faire entrer dans les modes de vie… Ensuite, le pouvoir exécutif se devait de calmer la colère sociale qui s’est exprimée tous les samedis cet hiver. Là encore, des promesses ont été confirmées comme la baisse de l’impôt sur le revenu, en ciblant les ménages modestes. C’est aussi à ce titre que le gouvernement, pour plus de justice, va s’attaquer aux régimes spéciaux de retraite, mieux associer les salariés aux résultats de leurs entreprises et préparer le pays au vieillissement de la population. Je ne peux que l’approuver.

La réforme des institutions semble de pas être pour maintenant. Quelle qu’en soit la cause, c’est tant mieux. La raison commande, à mon avis, de ne pas s’acharner sur ce projet tellement d’autres sujets sont bien plus urgents comme ceux touchant à la sécurité, au sens large, des Français. Edouard Philippe a énuméré leurs « peurs » : incivilité croissante, délinquance, terrorisme, immigration massive, islamisme… Des pistes ont été évoquées pour y remédier. J’aurais tendance à considérer qu’il faut encore aller plus loin car l’avenir de notre pays dépend aussi du succès de la politique menée dans ces domaines. Sur ces fronts, il est impératif que les responsables politiques regagnent la confiance de leurs administrés.

En lançant cet acte II du quinquennat, le premier ministre a annoncé un profond changement de méthode, qui doit aller de pair avec la constance et la cohérence, « les seules choses que notre pays n’ait jamais tentées », selon lui. Dont acte. Personnellement, j’ajouterais qu’il doit se montrer le plus pragmatique possible pour faire gagner la France.

 

Jean-Pierre Bansard