Un million d’espèces animales et végétales sont menacées – si rien est fait d’ici quelques décennies – soit une espèce sur huit. Cela n’est pas irréversible pour peu que les choses changent, et qu’un terme soit mis à la sur-exploitation des ressources naturelles.

L’alerte a été lancée lundi 6 mai à Paris par l’IPBES, plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services éco-systémiques. 1700 pages : c’est la taille du rapport établi par plusieurs centaines d’experts issu de trois ans de recensement et d’analyse de données sur l’état de la biodiversité. Les représentants de 110 pays sur 132 membres de cet organisme de l’ONU ont négocié pendant une semaine les termes d’un résumé de 39 pages à l’intention des décideurs, avant de l’approuver à l’unanimité.

Causes majeures

75% de l’environnement terrestre gravement altéré en raison de l’activité humaine, 66% de l’environnement marin et 85 % des zones humides perdues …

L’intégralité des facteurs de disparition de la biodiversité est liée à l’activité humaine :

En premier lieu, ces facteurs sont liés au changement d’usage des milieux naturels : destruction d’habitats  à travers la déforestation, les plantations de palmiers pour l’huile de palme, l’élevage du bétail, l’extraction minière, les barrages hydrauliques, l’étalement urbain.

S’ensuit l’exploitation des ressources naturelles : pêche, chasse, coupe de bois.

Le changement climatique, les pollutions, en particulier par les pesticides, déchets industriels et plastique en sont en grande partie responsables.

Les espèces invasives représentent également un danger pour la biodiversité.

Le réchauffement climatique, auparavant simple facteur aggravant, y a toutefois joué un rôle considérable et en constitue un risque croissant.

Comment l’éviter ?

Quelles actions pour empêcher la disparition de ces espèces ou la ralentir ?

Le système agro-alimentaire actuel est le premier ciblé.

Une agriculture et une pêche vertueuse sont préconisées. Une transformation de la production agricole (agro-écologie, meilleure gestion de l’eau) ainsi qu’une modification radicale de certaines pratiques de consommation (régime alimentaire, gaspillage) sont à prévoir. La synthèse adoptée incite à manger plus de produits d’origine végétale.

Des réformes fondamentales des systèmes financiers et économiques mondiaux sont aussi à envisager, selon ce rapport, au profit d’une économie durable. Les subventions allouées à la pêche, l’agriculture intensive, élevage du bétail, exploitation forestière et extraction de minerais et combustibles fossiles sont pointées du doigt et jugées nocives.

Des leviers d’action sont cités : incitation à la responsabilité environnementale, mesures préventives dans les institutions et entreprises, le renforcement des lois et politiques environnementales, une coopération internationale accrue.

Des objectifs mondiaux loin d’être atteints

Les objectifs fixés par la communauté internationale en 2010 au Japon ne seront pas atteints. Si la tendance actuelle se poursuit, les progrès nécessaires aux objectifs de développement durable des Nations Unies pour 2030 seront nuls : s’agissant de l’accès à l’eau, la santé, la réduction de la pauvreté et faim dans le monde. De nouveau fin 2020, les Etats se réuniront à Kunming en Chine pour une conférence sur la biodiversité.

Prise de position

Les ministres de l’environnement du G7 ont adopté une charte non contraignante pour la préservation de la biodiversité le jour de la publication de ce rapport alarmant. Le Président de la République française a également réagit. Il a annoncé des actions en vue de protéger la biodiversité :

  • Lutter plus activement contre le gaspillage alimentaire,
  • Changer nos modèles de production,
  • Réduire les phytosanitaires de 50% en France d’ici 2025,
  • Continuer la lutte contre la réduction des terres agricoles,
  • Viser 100% de plastique recyclé d’ici 2025 à travers la future loi sur l’économie circulaire, présentée dans les prochaines semaines.

Par ailleurs, le projet très controversé d’extraction d’or Montagne d’or en Guyane a été qualifié d'”incompatible” avec une ambition écologique.

Conclusion : la carte verte

L’enjeu environnemental apparaît à n’en pas douter comme un sujet majeur des prochaines élections européennes. Le programme de la liste LREM aux européennes a été publié deux jours plus tard : en faveur d’un investissement de l’UE de 1 000 milliards d’euros d’ici 2024 pour la transition écologique, de la création d’une Banque européenne du climat, de la mise en place de taxes sur le carbone des produits importés en Europe, ou encore de la sortie du glyphosate d’ici 2021. Or, le bilan écologique d’Emmanuel Macron demeure, à ce jour, fortement contrasté.

SOURCES :

Résumé du rapport

Le Monde (voir ici)

Huffington Post (voir ici)

France TV Info (voir ici)