En 2015, 42,3 % de l’énergie en France était de source nucléaire, 30,1 % venait de l’industrie pétrolière, 14,2 de source gazière… contre seulement 9,4 % d’énergies renouvelables. Le gaz renouvelable, lui, ne représentait que 2 % du total gazier. Pourtant, tout comme les autres sources d’énergie et l’électricité, le gaz possède également une capacité de verdissement et peut à terme être à 100% décarboné, contribuant à la transition énergétique vers les énergies vertes.

Définition

La méthanisation est un procédé très utilisé dans l’agriculture, mais également dans le traitement des biodéchets, celui des boues d’épuration urbaines et de certains effluents industriels. Elle consiste en une dégradation des micro-organismes de la matière organique, en conditions contrôlées et en l’absence d’oxygène, dans le but d’en produire du biogaz, composé d’environ 50 % à 70 % de méthane. Le gaz renouvelable qui en résulte peut être utilisé en tant que combustible pour la production d’électricité et de chaleur, en tant que carburant pour véhicules au gaz, ou être injecté dans le réseau de gaz naturel après épuration.

Avantages et contraintes

La méthanisation présente de nombreux avantages écologiques : d’une part la valorisation de déchets, permettant ainsi une diminution de la quantité de déchets organiques à traiter par d’autres filières; d’autre part la production d’énergie renouvelable locale, permettant de favoriser l’indépendance énergétique. Pour rappel, le gaz français est actuellement importé à 100% et provient principalement de Norvège (40%), de Russie (26%), des Pays-Bas (11%) et d’Algérie (9%).
La méthanisation reste cependant difficile à mettre en place : il faut un approvisionnement de déchets et intrants sur la durée, pouvoir produire un gaz en quantité suffisante pour qu’il puisse être injecté dans le réseau de gaz naturel et s’assurer d’une forte disponibilité de capitaux pour investir dans l’installation.

Développement de la méthanisation en Europe

La méthanisation est un procédé apparu dans les années 1980, mais qui s’est réellement développée ces 10-15 dernières années, particulièrement au Danemark et en Allemagne, avec des digesteurs à la ferme. En 2013, en Europe, la masse de déchets ménagers traités par méthanisation était d’environ 7 millions de tonnes, tandis que 3 pays (Allemagne, Italie et Royaume-Uni) étaient responsables 77% de la production de biogaz.

Le cas français

En France, le biométhane s’est développé très tardivement mais connait un vrai boom depuis 2015. Alors que le nombre d’unités de production de biométhane était de 5 en 2014, il est à 76 en 2019. Sébastien Lecornu, ancien Secrétaire d’Etat à la transition écologique, avait souligné le potentiel de “revenus supplémentaires” pour les agriculteurs que la méthanisation peut représenter, montrant ainsi la volonté gouvernementale de développer le gaz renouvelable. Emmanuel Macron, dans le cadre du Salon de l’agriculture, avait annoncé la création d’un fonds de prêts de 100 millions d’euros avec BPI France pour le secteur. En outre, la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 fixe des objectifs ambitieux en termes de développement du biométhane en France: 10% de gaz renouvelable dans la consommation française à horizon 2030, soit une production annuelle de 30 TWh.
En définitive, au même titre que la voiture électrique et que le développement des éoliennes ou de l’énergie solaire, la transition vers le gaz vert est une excellente opportunité de mener à bien la transition énergétique, synonyme également d’indépendance énergétique.