Les socialistes ont remporté les élections législatives en Espagne le week-end dernier. Le parti du premier ministre Pedro Sanchez est arrivé nettement en tête du scrutin sans toutefois disposer d’une majorité à lui seul. L’extrême droite quant à elle, fait son entrée au Parlement. Par ailleurs, cinq séparatistes catalans, détenus et jugés actuellement à Madrid pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017, ont été élus députés dimanche. Dans ces circonstances, Renaud Le Berre – Conseiller Consulaire en Espagne – a bien voulu nous donner son avis.

SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

« À droite, on observe un éclatement du vote. En nombre de voix, les conservateurs et le centre ne perdent pas beaucoup d’électeurs mais l´émergence de VOX à droite du PP (parti populaire) et le succès du CS (Cuidadanos) plus au centre ont nettement affaibli le parti populaire. Il a perdu plus de la moitié des sièges au parlement.
À gauche, la victoire du Parti socialiste est nette même s´il n´arrive pas à son niveau de 2008.

Le parti “Unidos Podemos” plus à gauche, réalise un mauvais résultat et perd plus de 20 députés par rapport aux élections de 2016. Pablo Iglesias, son chef de file, a été le politique le plus charismatique durant la campagne électorale et lors des débats électoraux, mais son parti a été victime de sa jeunesse.
Pedro Sanchez, le président socialiste du gouvernement, va continuer la politique économique et sociale menée depuis pratiquement un an sans renoncer à une certaine rigueur budgétaire. Mais il va devoir négocier avec d´autres partis pour trouver une majorité afin que “las cortès” (la chambre des députés) renouvelle son investiture comme président.

La situation en Catalogne semble se calmer. Les socialistes sont des constitutionnalistes modérés, ils sont très attachés à l´unité de l’Espagne.
Les indépendantistes obtiennent un bon score mais ils ne sont pas majoritaires en Catalogne. De surcroît, cinq indépendantistes en rétention préventive ont été élus député ou sénateur, on ne sait pas encore s´ils seront autorisés à siéger. Ce qui peut être encore une source de conflit.

Vox est un parti déjà très actif depuis plusieurs années et qui a combattu assez violemment l’indépendantisme catalan. Son succès est en grande partie dû aux événements de Catalogne depuis plusieurs années. Les extrêmes se nourrissent les uns des autres.

C´est un mouvement homophobe, anti-avortement et qui combat aussi le féminisme et l’immigration clandestine. Les observateurs le qualifient de néo franquiste.

Sur beaucoup de points, il a une position plus radicale que le Rassemblement National en France. Vox réalise ses meilleurs scores dans les villes où se trouvent des académies militaires ou des casernes et dans les anciens fiefs du parti populaire (Madrid et la Castille). Le responsable de ce mouvement, Santiago Abascal, est un ancien militaire.

Les Espagnols sont profondément pro-européens même si la participation au dernière élection pour le Parlement européen a été assez faible.

Les débats portent assez peu sur la construction européenne qui fait consensus. Les élections européennes seront couplées avec les élections municipales ce qui peut augmenter la participation.

L´Espagne reste un pays plus tolérant et moins conflictuel que la France alors que les inégalités demeurent plus élevées.

Le PS aurait pu prendre exemple sur le PSOE pour se reconstruire mais en France il a été laminé par la LREM et par l´absence de leadership et d´idées claires.

Le PSOE lui a su garder une base populaire car il reste le Parti Socialiste OUVRIER espagnol. Le PS français a depuis longtemps abandonné la défense des classes populaires et ouvrières au détriment d´un discours, quoique parfois nécess »