En cette période pascale, le monde chrétien, et plus particulièrement catholique, a été saisi par la tristesse et la douleur. A Paris, la cathédrale Notre-Dame était le théâtre d’un incendie qui réveilla un élan de solidarité internationale d’une rare intensité. Heureusement, aucune victime n’était à déplorer, mais l’événement a suscité une très forte « émotion patrimoniale », preuve de l’attachement des hommes et des femmes aux édifices qui symbolisent la permanence de leur culture.

A des milliers de kilomètres de la capitale française, quelques jours plus tard, le Sri Lanka était, lui, la cible d’odieux attentats simultanés, causant la mort de plus de trois cents personnes. Des églises et des grands hôtels ont été frappés, actes revendiqués depuis par l’Etat islamique. Cette fureur terroriste en Asie du Sud nous rappelle que, partout, sur la planète, les minorités religieuses sont en danger. Chrétiennes, notamment. Les Coptes d’Egypte, les chrétiens de Syrie, d’Irak et de toute la Mésopotamie, bien sûr, mais aussi au-delà, plus loin en Asie ou en Afrique, où vivre sa foi, quand elle n’est pas ou guère tolérée, revient souvent à mettre sa vie en jeu.

Cette dramatique réalité apparaît au siècle de la mondialisation à outrance, à laquelle cette violence est sans doute une réplique. Face aux bouleversements politiques, économiques, culturels qu’engendre la globalisation, le réflexe des peuples est de se replier sur eux-mêmes et de se trouver des boucs-émissaires pour expliquer leurs malaises et leurs peurs.

A cela s’ajoute la fin des idéologies auxquelles est venu se substituer un retour en force des religions, notamment de l’Islam radical dans les pays à majorité musulmane. Je ne saurais trop vous recommander, à cet égard, la lecture du dernier livre d’Amin Maalouf, brillant écrivain franco-libanais de confession maronite, membre de l’Académie française. Dans « Le Naufrage des civilisations », récemment paru chez Grasset, il analyse à la perfection et d’une plume élégante l’évolution du monde depuis les années 1950.

S’il faut rester optimiste, il convient d’être vigilant. C’est en oeuvrant, en travaillant, en participant au dialogue des cultures, comme le fait la grande majorité des Français vivant à l’étranger, que les peuples comprennent le sens de leurs différences et profitent de la richesse de leurs diversités. Que nos compatriotes expatriés, parfois dans des conditions difficiles, en soient remerciés : ils sont les meilleurs ambassadeurs de la paix dans le monde. Grâce à eux, l’humanité n’est pas un vain mot…