L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a récemment publié son rapport annuel sur la peine de mort sur l’année 2018. Le document dresse un état des lieux des condamnations à mort prononcées et exécutions réalisées pays par pays dans le monde entier. Même si la tâche de récupérer des chiffres précis sur le sujet dans certains d’entre eux n’est pas chose aisée, une tendance mondiale vers une diminution des exécutions se dessine, induisant l’espoir d’une prochaine abolition totale.

Une tendance mondiale qui se dégage

Deux tiers des pays du monde ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Le nombre total d’exécutions intra-judiciaires est estimé à 690 exécutions. Il a chuté de 30% par rapport à l’année précédente (avec 993 personnes exécutées), soit le plus faible taux enregistré au cours de la dernière décennie.

Le 17 décembre 2018, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté sa septième résolution appelant les pays qui appliquent encore la peine de mort à instaurer un moratoire afin d’abolir ce châtiment. 121 des 193 États membres de l’ONU ont voté en la faveur. Ce soutien accru est une preuve supplémentaire du consensus mondial en vue de se constituer pour bannir définitivement  la peine de mort.

Certains pays font figure d’exception avec un retour (Thaïlande) ou une hausse du nombre d’exécutions : Bélarus, États-Unis, Japon, Singapour et Soudan du Sud. A l’inverse, d’autres se dirigent clairement vers une cessation des exécutions par une suppression du Code Pénal (Bénin, Burkina), et certains un moratoire (Ghana et Malaisie) permettant la régulation de prononciation de telles sanctions.

La Chine et l’Iran arrivent tristement en tête du classement du nombre d’exécutions. La Chine rend extrêmement difficile l’accès à des données chiffrées fiables en la matière mais le nombre d’exécutions dépasserait le millier.

Les méthodes d’exécution ne varient guère mais diffèrent selon les pays : décapitation en Arabie Saoudite, électrocution aux Etats-Unis, pendaison, injection létale et arme à feu dans d’autres. A noter aussi le retour de la lapidation, sentence prononcée en Iran mais non suivie d’effets sur l’année 2018. 

Dans le monde entier, 2531 condamnations à mort ont été prononcées. Dans certains pays, on dénombre une hausse importante et effective de condamnation à mort : Egypte (+78%), Irak (x4), Ghana, Koweït et Emirats (x2) et Libye passée de 3 à 45.

162 condamnations à morts ont été prononcées l’année dernière en Inde, chiffre le plus élevé depuis ces deux dernières décennies. Au Bangladesh et en Indonésie, malgré des condamnations à mort, aucune exécution n’a été recensée.

Par ailleurs, des personnes souffrant d’un handicap mental ou intellectuel ont été exécutées ou sont sous le coup d’une sentence capitale : Etats-Unis, Japon, Maldives, Pakistan.

Classement des pays ayant procédé à des exécutions intra-judiciaires

  1. Chine (1000+) mais le chiffre exact est difficile à avancer car classé secret
  2. Iran (253+) plus faible nombre d’exécution depuis 2010 mais 7 mineurs font partie des personnes exécutées. Cette baisse du nombre des exécutions est due notamment à la modification de la loi sur les stupéfiants ( élévation du seuil de quantité interceptée pour être sanctionné et possibilité de commuter la condamnation à mort en peine de prison)
  3. Arabie Saoudite ( 149) avec 71 saoudiens mais une majorité de ressortissants étrangers
  4. Vietnam (85+)
  5. Irak (52+)
  6. Egypte (43+)
  7. Etats-Unis ( 25+)
  8. Japon (15) nombre le plus élevé depuis 2008
  9. Pakistan (14+)
  10. Singapour
  11. Somalie
  12. Afghanistan
  13. Corée du Nord

Rappel

En France, la peine de mort est abolie depuis 1981 grâce à la loi de Robert Badinter, garde des Sceaux, avocat, ferveur défenseur des Droits de l’Homme, auteur notamment de  L’Exécution.

SOURCE :

Amnesty International