Depuis trois mois, la France vit au rythme du grand débat national ouvert par le président de la République. En dépit des critiques émises ici et là sur la longueur et l’utilité de cet exercice, j’ai trouvé l’expérience intéressante et riche d’enseignements. Si elle n’a pas mis fin à certains accès de fièvre du samedi, elle a permis à près de deux millions de Français de s’exprimer: du jamais-vu dans une grande démocratie occidentale. Reste maintenant à tirer les conclusions concrètes de ce dialogue pour remettre notre pays sur de bons rails. La tâche n’est pas aisée et tout le monde attend le verdict du chef de l’Etat, qui devrait tomber dans les prochains jours.
    Déjà, le premier ministre vient de nous donner quelques pistes qui, selon lui, devraient être suivies. La principale tient en une formule : moins d’impôts et moins de finances publiques. Peu originale, souvent répétée, elle n’a néanmoins jamais été appliquée par les gouvernements de ces dernières décennies, par facilité ou manque de volonté. Résultat, notre pays est lourdement endetté, accablé de prélèvements obligatoires et pas pour autant rassuré sur la pérennité de son modèle social, qui pourrait coûter moins cher tout en fonctionnant mieux.
     J’adhère personnellement au discours d’Edouard Philippe. Ce sont d’ailleurs des hausses de taxe sur les carburants qui sont à l’origine du mouvement des Gilets jaunes dont le mécontentement, exprimé sans brutalité au début, était partagé par de nombreux Français. Il est donc logique que la réponse du gouvernement tienne d’abord dans sa volonté à diminuer la pression fiscale.
      Toute la question est de savoir si cette sage décision touchera tout le monde, ce que je souhaite. Les classes moyennes sont trop souvent les vaches à lait de la nation. Pour tenir cette promesse, il n’est donc pas d’autre solution que de freiner la dépense publique. Objectif difficile à atteindre dans la mesure où la grogne qui s’est manifestée – surtout dans les territoires éloignés de la République – visait aussi la désaffection croissante des services publics. Le pouvoir exécutif se trouve là face à quelque chose qui s’apparente à une quadrature du cercle.
     Personnellement, je défendrai les Français de l’étranger, exposés d’année en année à un affaiblissement inquiétant de notre réseau consulaire et scolaire. Ils sont quelque deux millions hors de nos frontières, souvent considérés par beaucoup de nos hommes et femmes politiques comme des privilégiés, alors que c’est très loin d’être le cas. Face aux préjugés tenaces et faciles, toujours je me dresserai pour soutenir ceux qui participent au rayonnement de la France dans le monde.
Jean-Pierre Bansard