Le « dégagisme », tendance mondiale

Si nous devions résumer l’époque que nous traversons, en ce début de XXIème siècle, un mot pourrait sans doute suffire : « Dégagisme ». Ce néologisme, que les Printemps arabes ont popularisé en 2011, se décline désormais partout dans le monde, sauf en Chine. 

Ainsi, ces jours derniers, avons-nous assisté à la victoire d’un artiste comique de 41 ans – Volodymyr Zelensky – au premier tour de l’élection présidentielle ukrainienne (il aborde le second tour en position de force) ; et à celle, définitive celle-là, de Zuzana Caputova, une avocate libérale de 45 ans peu connue dans son pays, première femme à présider la Slovaquie. A ces deux scrutins, s’ajoute le sévère revers électoral enregistré par le président Recep Tayyip Erdogan aux élections municipales turc.

Ce mouvement « dégagiste », anti système, au visage protéiforme a eu lieu aux Etats-Unis avec l’arrivée de Donald Trump ; au Royaume Uni avec le vote favorable au Brexit ; en Italie avec le succès d’une improbable coalition rassemblant 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini ; au Brésil avec le triomphe de Jair Bolsonaro ; en Algérie avec le soulèvement hostile à Bouteflika et au régime du FLN, loin d’être terminé… Cette vague n’épargne évidemment pas la France : commencée en 2017 par l’élection d’un jeune inconnu du nom d’Emmanuel Macron, elle se poursuit avec la colère des Gilets jaunes dont nul ne sait quand et comment elle s’arrêtera.

Certes, chaque pays a une histoire différente, mais les causes de la mauvaise humeur des peuples qui entendent tout changer aujourd’hui se ressemblent souvent. Les accusations contre les pouvoirs en place depuis de longues années portent toutes le sceau d’un ras le bol : ici, contre la corruption ou les abus de pouvoir, comme au Brésil, en Turquie, en Slovaquie ou en Algérie ; là contre l’incapacité des gouvernants à améliorer la vie des citoyens, comme en France, au Royaume Uni ou en Ukraine : ou, là encore, contre la faiblesse d’équipe jugée laxiste, comme en Italie ou aux Etats-Unis.

La défiance est tous azimuts. Elle traduit une volonté populaire de réappropriation du pouvoir. Les désordres nés de la mondialisation et l’explosion des moyens de communication ne sont pas étrangers à cette mobilisation générale qui exprime des inquiétudes face à l’avenir autant qu’une aspiration à construire un autre monde. En Occident, certains observateurs parlent d’un populisme qui évoque les sombres années 1930. Peut-être, même si leur réflexion ne peut néanmoins s’appliquer à l’Algérie.

Une chose est sûre : le monde est entré dans une zone de fortes turbulences. Tout ce que j’espère, c’est que cette nouvelle ère ne verra pas le triomphe de la démagogie ni d’un nationalisme outrancier. 

Jean-Pierre Bansard

2 commentaires

  1. Degagisme politique, degagisme culturel et générationel ou un certain jeunisme triomphe grâce aux nouvelles technologies et aux médias Internet que les plus anciens n’arrivent plus à suivre. Le changement climatique s’accompagne D’un ‘global change’ dont nous commençons seulement à voir certains effets. Les gens en ont marre de ne plus pouvoir rien faire : plus fumer, plus manger gras, salé, sucré, plus boire, plus aller vite, plus faire de bruit, plus prendre l’avion, plus manger de viande ou de poissons, plus se moquer, plus rire des autres et de soi-même, plus gagner d’argent, plus gaspiller etc bref, dans une société soi-disant libre nous nous retrouvons progressivement contraints à survivre sans passion ni futur, comme jadis dans les pays communistes ou dictatoriaux. Orwell avait raison !

  2. Mon cher Jean Pierre, nous subissons les effets de choix égoïstes et de volonté d’hégémonie des plus forts contre le reste du monde et en l’occurrence, nous ne faisons plus partie des plus forts, c’est l’argent roi des magnats boursiers qui enméne le monde là ou il va. Donc ce nous appelons de manière générique le populisme ou le nationalisme c’est avant tout le reflet d’un mécontentement des ex Citoyens, je dis bien ex car on ne les considère plus que comme des consommateurs. Le seul pays qui a une position centrale dans l’Europe et qui aurait pu faire changer le système c’est le nôtre mais les français se voient petits car les élites ont sombré dans le mondialisme et insufflent ce pessimisme qui fait que nous n’enregistrons plus que les décisions prises par les lobbys de Bruxelles. Il faut donc du courage pour inverser les choses et être irréprochable, Emmanuel Macron aurait pu incarner ce renouveau car il a eu la chance d’être élu sur le rejet de Hollande qui lui même avait été élu par le rejet de Sarkozy !!!. Malheureusement l’actualité lui donne tort même s’il a essayé d’engager quelques réformes courageuses, ce qui lui manque c’est la réalité du terrain et le pragmatisme que n’ont pratiquement aucun de nos politiques. Les Français cherche un leader qui leur rende leur fierté et qui les galvanisera pour aller vers l’avant, ils sont prêts à des sacrifices mais surtout dans l’égalité, la fraternité et la liberté. Il n’est pas normal que celui qui travaille au SMIC gagne la même chose que celui qui ne travaille pas, il n’est pas normal que la délinquance qui affecte les quartiers populaires soit à ce niveau et que les criminels ne soient pas traités plus durement. Il n’est pas normal que les profits boursiers échappent à l’impôt et soient finalement moins taxés que l’investissement industriel qui lui doit être aidé, il n’est pas normal de commercer avec des états qui ne respectent pas les mêmes critères que nous sans compensations douanières, etc…. la liste est longue et ces injustices augmentent la misère et la déception, il faut créer de l’emploi industriel et être maître de notre monnaie aussi, bref tu le comprendras bien que ceux qui disent cela gênent, ceux qui aujourd’hui ont tous les médias dans la poche traiteront de fachos tous ceux qui pensent différemment. A force d’être bien pensants on ne veut pas voir les vraies réalités, concernant les vrais problèmes de fond qui affectent aussi notre Sté. Comment expliquer, la destruction journalière de nos églises, les actes anti-sémites qui augmentent sans arrêt, ainsi que la criminalité et les revendications religieuses qui n’existaient pas avant alors que nous sommes un état laïc , on arrive plus à appeler un chat un chat sinon on est qualifié d’extrémiste. Pourtant il faudra que nous répondions au défi de l’immigration et de cet apport de population qui ne partage pas nos valeurs pour partie, dans le cadre de nos lois républicaines et surtout les faire appliquer.

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