Alors que le grand débat national lancé par Emmanuel Macron semblait avoir calmé les esprits, le « samedi noir » de violences et de saccages observés, le 16 mars, sur l’avenue des Champs-Elysées, à Paris, a fait l’effet d’un terrible retour en arrière. Comme si, décidément, aucune sortie de la crise des Gilets jaunes n’était envisageable.

Je tiens à exprimer ma plus ferme condamnation du vandalisme commis ce jour-là, aussi stupide que gratuit. Les responsables de ces actes d’une brutalité inouïe ne sont pas seulement à chercher parmi ceux qu’on appelle les « black block », individus incontrôlables et ingouvernables. Il y avait à leur côté, et c’est plus inquiétant d’une certaine façon, des contestataires, vierges de tout casier judiciaire, qui pensent que le recours à la violence est le meilleur moyen de faire entendre leurs revendications et leur colère. Ceux-là entretiennent un climat de guerre civile, de revanche sociale, de conflits de classes particulièrement malsain qu’il faut redouter.

Leur attitude, en rupture avec les valeurs républicaines, et leur rejet grandissant de notre modèle de société témoignent des fractures de notre pays et des difficultés de préserver notre unité nationale.

Face à ces révoltés, l’Etat a connu quelques coupables faiblesses en ce « samedi noir », par défaut d’anticipation et à cause d’une chaîne de commandements défaillante au plus fort des tensions. Avec raison, le gouvernement a reconnu des erreurs et a promis des ajustements.

Il ne m’appartient pas d’entrer dans des débats techniques de spécialistes du maintien de l’ordre, mais j’espère, cette fois, que le pouvoir exécutif a pris la mesure du défi « sécuritaire » qu’il doit relever en pareilles circonstances. Si les dégâts matériels sont importants et les conséquences de cette crise, néfastes pour la vie de nos commerçants et notre économie, il convient de souligner qu’aucune tragédie humaine n’est à déplorer, et c’est heureux. Tout nouvel accès de fièvre entraînerait néanmoins notre pays dans une spirale infernale et endommagerait durablement son image à l’étranger, vous en savez quelque chose, mes chers compatriotes.

Le rayonnement, l’attractivité, la grandeur de la France sont en jeu. Veillons tous à les préserver en trouvant les solutions qui nous feront sortir de cette crise sociale le plus rapidement possible. Le plus dur est peut-être devant nous.

Jean-Pierre Bansard