LE GRAND DÉBAT NATIONAL

Chères élues, chers élus,

 

Le grand débat national, lancé par le président de la République, libère la parole des Français. On ne peut que s’en réjouir si cet exercice, en forme de thérapie collective, permet à notre pays de retrouver le chemin de l’unité, à nos compatriotes de se réconcilier entre eux, à nos dirigeants de se montrer plus proches des préoccupations quotidiennes de leurs administrés. A ce titre, les débuts de cette concertation envoient des signaux autrement plus encourageants que les samedis de la colère.

 

Cela dit, il ne faudrait pas que les débats fassent fausse route en certains domaines.

 

Ainsi, à plusieurs reprises, et pas plus tard que la semaine dernière à la télévision, j’ai entendu parler du sujet de l’évasion fiscale en des termes prêtant à la plus grande confusion. L’évasion fiscale est une réalité, dont il n’est pas question de nier l’existence, mais elle ne doit, en aucun cas, être assimilée à l’expatriation à l’étranger. Près de trois millions de Français vivent hors de France pour des raisons personnelles ou professionnelles, parfois les deux à la fois, et l’écrasante majorité d’entre eux n’ont pas choisi cette vie pour se soustraire à leurs obligations nationales. Il convient, chacun là où nous sommes, de le répéter et de lutter contre ce préjugé facile, qui entoure d’une suspicion malsaine les expatriés.

 

Il faut le rappeler, les Français résidant hors de France n’ont pas toujours la belle vie. Ils ont leurs problèmes, liés aux singularités de leurs pays d’accueil, qui peuvent rendre la scolarité de leurs enfants, leur sécurité, leurs déplacements, leur prise en charge en cas de maladie et bien d’autres choses très difficiles à régler. A cela s’ajoute l’éloignement – non seulement de leur pays natal, mais aussi souvent des services consulaires, situés exclusivement dans les grandes villes – qui complique, bien sûr, les mises en règle ou demandes administratives nécessaires. C’est dire s’il faut se garder des clichés, et j’en parle d’expérience pour avoir fondé l’Alliance solidaire des Français de l’étranger, qui est précisément là pour aider tous ceux qui, loin de notre cher pays, peuvent rencontrer des difficultés.

 

Le grand débat national ne doit pas oublier les doléances des expatriés, qui seront sans doute nombreuses et intéressantes. Vous pouvez compter sur moi pour me faire leur porte-parole et tordre le cou aux préjugés alimentés par la « vox populi ».

 

Jean- Pierre Bansard

Un commentaire

  1. Il y a aussi bien souvent confusion entre évasion fiscale, tout a fait illégale, et optimisation fiscale, tout a fait legale. A notre façon, nous la faisons tous: qui n’a pas acheter quelque chose dans un pays étranger pour le ramener en France parce que les taxes la bas sont moins élevées – optimisation fiscale au niveau micro. L’optimisation fiscale n’est que le reflet inverse du taux de fiscalité : plus les taxes totales sont élevées, plus on a une raison d’optimiser. Payez vous parfois plus cher votre lait parce que vous voulez donner plus de TVA a l’état? Non bien sûr, c’est la même chose avec les impôts. Achetez vous votre lait en Belgique par internet, non, cela n’a pas de sens, mais achetez vous sur AliExpress Pour certains produit, les statistiques montrent que oui, et pourtant, vous devriez le déclarée et payer la TVA. Par contre, certaines personnes ou groupes vont beaucoup plus loin au delà de l’optimisation et sont accusés d’évasion alors qu’ils brandissent le drapeau Optimisation. Cela porte a confusion pour le citoyen lambda au vue de la complexité ubuesque des lois en la matière et du rabattage médiatique contre ces groupes (Kering par exemple) . De fait, nos lois sont bien faites au niveau national, fair au niveau européen, mais au niveau international, il y a de fait beaucoup de lacunes très difficiles à combler. Et les Français de l’étranger dans tout cela: comme vous le dites, très peu sont concernés par cela alors que la plupart sont partis pour apprendre, étudier, s’ouvrir l’esprit où tout simplement vivre leur vie binationale. En d’autres termes, des français normaux, honnêtes comme les autres.

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