Un perturbateur endocrinien est, selon l’OMS, “une substance ou un mélange de substance qui altère les fonctions du système endocrinien et, de fait, induit des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou de (sous)populations”.

Le système endocrinien se compose de nombreux organes, parmi lesquels le pancréas, testicules, ovaires, thyroïdes lesquels sécrètent des hormones. Les perturbateurs endocriniens , présents dans de nombreux produits de la vie courante ( cosmétiques, alimentation, plastique…) dérèglent le fonctionnement hormonal de l’organisme. Leurs effets peuvent s’étendre dans la durée et se transmettre de génération en génération.

Certains effets ont été mis en lumière dont le développement de cancers ( sein, testicules, prostate …), des malformations d’organes, des troubles de la reproduction et du neuro-développement. L’embryon, les foetus donc les femmes enceintes, les nourrissons et jeunes enfants sont particulièrement sensibles à l’exposition à ces substances. Présentes dans l’eau, l’air, le sol, sur les vêtements, crèmes, récipients et dans notre alimentation, nous y sommes exposés par ingestion, inhalation et contact.

France : une pionnière en la matière

En 2014, la France était le premier pays en Europe et même au monde à adopter une première stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE). La deuxième (SNPE) entend assurer une meilleure prise en compte de ces enjeux dans les règlementations communautaires encadrant la mise sur le marché de nombreux produits.  Le gouvernement a lancé lundi une consultation publique sur ce projet.

Quelles avancées dans la deuxième stratégie nationale ?

Les Ministres de la Santé et de la Transition écologique et solidaire viennent d’annoncer avoir demandé à l’ANSES (Agence de sécurité sanitaire) d’en publier une liste d’ici à 2021 comportant trois catégories : PE “suspecté”, PE ” présumé” et “avéré”, afin de protéger la population. De six substances par an évaluées par l’ANSES en 2019 et 2020, il y en aura neuf en 2021, même s’il en existe potentiellement des milliers.

Les ONG ont cependant regretté l’absence de mise en place d’un étiquetage spécifique des produits contenant des PE à destination des consommateurs et l’absence de conseils fournis à certaines parties de la populations.

Les perturbateurs endocriniens, sur lesquels la communauté scientifique s’est penchée depuis 1950, attire surtout l’attention depuis les années 1990, même s’il n’en existe toujours pas de liste exhaustive. Cela pourrait constituer un véritable sujet de débat dans le cadre des prochains élections européennes.

Sources :

Site de la consultation publique du Ministère de la Transition écologique et solidaire jusqu’au 8 février 2019

France Info ( article ici)

Libération ( article ici)

Sciences et Avenir ( article ici)

Rapport 2017 de l’IGAS sur l’évaluation de la mise en place de la SNPE Stratégie Nationale sur les Perturbateurs Endocriniens.