Prévue dans la loi Egalim issue des états généraux de l’alimentation et  adoptée en novembre 2018 (article 53), la suspension de cet additif alimentaire nécessite un arrêté ministériel de Bercy. Or, Bruno Le Maire a annoncé le 8 janvier que cela ne serait fait à brève échéance, dans l’attente de résultats de nouvelles expertises.

Selon l’actuel Ministre de l’Economie et des Finances, les conclusions des études sur le sujet seraient si différentes que rendre une quelconque décision sur la dangerosité de ce colorant composé de nanoparticules de dioxyde de titane serait impossible.

Présent dans des produits cosmétiques, dentifrices, crèmes solaires, médicaments, peintures, matériaux de construction et essentiellement dans l’industrie alimentaire, cette poudre blanche qui permet de colorer, blanchir, améliorer l’aspect et brillance des produits est encore largement utilisé : comme en témoigne cette liste de produits allant des chewing-gums menthe, aux raviolis au fromage, en passant par les macarons.

Risques et dangers

Classé “cancérigène possible pour l’homme” lorsqu’il est inhalé par le Centre international de recherche sur le cancer, l’Anses a préconisé le principe de précaution.

Dans un rapport de 2017 de l’institut national de la recherche agronomique, l’exposition au E 171 aurait favorisé l’apparition de lésions pré-cancéreuses chez le rat, mais la possibilité d’extrapoler ces résultats à l’homme n’est en aucun cas établie.

Après plusieurs rebondissements, en 2017, Bruxelles a commandé un nouvel avis de l’autorité européenne de sécurité des aliments pour mi-2019. Bercy sollicite de plus l’Agence nationale de la sécurité sanitaire et de l’environnement (ANSES) pour la publication fin 2019 d’une évaluation des risques liés aux nanoparticules dans l’alimentation, parmi lesquelles le dioxyde de titane.

Dans une tribune du Monde de décembre 2018, une vingtaine d’associations dont des ONG et instituts de recherche européens, Greenpeace, La Ligue contre le Cancer et 60 millions de consommateurs incitait le Ministre à signer cet arrêté essentiel ne pas entraver une décision importante de santé publique.

Rétropédalage du gouvernement

Après avoir reçu les associations vendredi, Bruno Le Maire a finalement réaffirmé sa volonté d’interdire l’E171 mais demande à l’ANSES, pour ce faire, d’accélérer ses travaux sur les nanoparticules sur le volet TiO2 pour le 15 avril.

Plusieurs industriels ont d’ores et déjà annoncé le retrait du dioxyde de titane de leurs recettes comme Leclerc, Picard, Carrefour, William Saurin ou Carambar. Cette substitution n’est pas sans coût : le groupe Mars qui utilise l’additif dans les M&Ms a investi près de 70 millions d’euros, pour le remplacer d’ici 2020.

Sources :

Le Monde ( article ici)

Les Echos ( article ici)

L’Express ( article ici)

Le Parisien ( article ici)

Journal des femmes ( article ici)

Le Figaro ( article ici)