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Cette semaine nous avons eu l’occasion de nous entretenir par téléphone avec Maxime, stagiaire dans une entreprise de BTP à Libreville depuis 5 mois. Il nous raconte les évènements qui ont secoué le Gabon le 7 janvier 2019, lorsque cinq militaires ont annoncé un coup d’Etat à la radio locale. Ali Bongo, en convalescence au Maroc, n’a pas commenté l’action de ces quatre individus. (Retrouvez le prise de parole des militaires)

Comment avez-vous été informé de cette tentative de coup d’Etat ?
« J’étais dans ma voiture pour me rendre sur le chantier lundi matin, lorsque j’ai entendu l’annonce à la radio. J’ai appelé mon patron pour le prévenir et il m’a dit de rentrer chez moi, ce que j’ai fait sur le champ. J’ai reçu ensuite un communiqué de l’Ambassade me disant d’éviter tout déplacement. « En raison des évènements en cours à Libreville, l’Ambassade de France recommande à ses compatriotes d’éviter tout déplacement. Pour information, le lycée Blaise Pascal est fermé pour l’heure. »

Pouvez-vous nous raconter l’enchaînement des événements ? Que s’est-il exactement passé ?
« Malheureusement, même en étant sur place, je n’ai pas eu d’autres informations que celles relayées par les médias. Le problème, c’est qu’internet a été coupé pendant 24h, tout comme le réseau téléphonique. Ainsi, il était impossible de savoir réellement ce qui se passait. Mais en tout état de cause la ville est restée calme, je n’ai vu personne dans les rues par exemple. Des communiqués de couvre-feu ont été délivrés. Je sais que le Lycée Français est resté fermé et la plupart des gens en général n’est évidemment pas allé travailler lundi et a attendu chez eux qu’internet et le téléphone soient rétablis pour comprendre la situation. Par conséquent, ce n’est que le lendemain que j’ai su que les putschistes avaient été appréhendés dès le lundi matin et qu’il s’agissait de « plaisantins » comme on a pu le lire dans les journaux locaux.

Quel a été la réaction de la population dont celle des Français installés au Gabon ?
« A cause de l’absence de moyens de télécommunication, il n’y a eu aucune réaction à part l’attente.
La situation est-elle totalement revenu à la normale ?
« Absolument. Les gens ici en ont parlé une journée et puis la vie a repris son cours normal. »

Le retour à la normale est revenue très vite après ces événements.
L’ambassade a communiqué peu après un deuxième communiqué « Compte tenu de l’évolution de la situation à Libreville, les déplacements sont à nouveau possibles. Il est toutefois conseillé de rester vigilant » De plus, on nous rapporte que « l’administration publique fonctionne. Les banques sont ouvertes. Les transports en commun sont opérationnels. La presse en ligne très active dans le pays se remet petit à petit au travail. La coupure d’internet avait paralysé quasiment tous les sites d’information. »

Les regards sont désormais tournés vers l’agenda politique du pays. La désignation du nouveau président de l’Assemblée nationale ce vendredi et la démission du gouvernement.

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