Chères élues, chers élus,

La parole présidentielle va-t-elle calmer les esprits et inciter les « gilets jaunes » à quitter les ronds-points ? L’avenir le dira, mais j’estime, personnellement, que la colère venue des profondeurs de notre pays a été entendue par Emmanuel Macron.

La réponse du chef de l’Etat – augmentation de 100 euros du salaire net pour les salariés au SMIC, exonération de la CSG pour les retraités touchant moins de 2000 euros par mois, heures supplémentaires défiscalisées – m’a semblée à la hauteur des principales attentes des manifestants, du moins sur le front du pouvoir d’achat, qui était l’urgence à traiter. Les violences inadmissibles qui ont frappé la France doivent, à présent, impérativement cesser. Ceux qui appellent à continuer le mouvement sont, à mes yeux, des individus irresponsables souhaitant la chute pure et simple du président de la République, sans véritable raison, au risque de voir arriver – ce qui est probable dans la configuration politique actuelle – les extrêmes

D’autant plus que ces personnes semblent ignorer le mauvais coup déjà porté à notre économie par ces trois semaines d’agitation. Les mesures présentées par le président de la République auront évidemment un coût, davantage assumé par l’Etat que les entreprises, et c’est heureux. Certes, la facture va alourdir provisoirement notre déficit public, mais je pense qu’il était nécessaire d’éteindre l’incendie le plus vite possible, sans tergiverser. En contrepartie, pour amortir la surcharge de dépenses, le pouvoir exécutif serait bien inspiré de réduire les dépenses publiques.

Au-delà des urgences, ce sont évidemment les fractures françaises qu’il faut soigner afin de préserver l’unité nationale. Tous les Français, qu’ils soient riches ou modestes, habitants de grandes villes ou de zones rurales, sans oublier nos deux millions cinq cent mil compatriotes qui vivent à l’étranger, ont besoin de se retrouver dans un projet collectif dans lequel chacun se sent partie prenante. Ce projet collectif, garant de notre souveraineté nationale comme de notre rayonnement international, ne peut émaner que d’une vaste réflexion ouverte bien au-delà des élites.

L’objectif de ce travail de fond est connu : il nous faut renouer avec nos valeurs républicaines fondées sur la liberté, l’égalité et la fraternité, une trilogie sérieusement mise à mal par les bouleversements d’une mondialisation que notre pays n’a pas su appréhender à sa juste mesure. A nous tous d’inventer une France nouvelle dans un monde nouveau…

 

Jean-Pierre Bansard

X